Kafando de retour à la tête du Burkina, accord armée-putschistes

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par Mathieu Bonkoungou OUAGADOUGOU, 23 septembre (Reuters) - Michel Kafando, le président par intérim du Burkina Faso déposé la semaine dernière par un coup d'Etat, a annoncé mercredi matin qu'il était de retour au pouvoir et que son gouvernement civil de transition était rétabli dans ses fonctions. "Je suis de retour", a-t-il dit lors d'une brève allocution devant les journalistes réunis au ministère des Affaires étrangères. "La transition est de retour", a-t-il ajouté. Quelques heures plus tôt, les putschistes et les forces loyales au gouvernement de transition avaient signé un accord d'apaisement censé éviter des affrontements. Le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l'unité d'élite à l'origine du coup d'Etat lancé mercredi dernier par le général Gilbert Diendéré, accepte de se retirer des rues de Ouagadougou et de regagner ses casernes. Les forces loyales au gouvernement de transition acceptent pour leur part de se retirer à 50 km de la capitale. "Ils veulent éviter des affrontements entre soldats. Ce sont ceux qui doivent protéger la population et ses biens. J'implore chacun au pardon", a ajouté Mogho Naaba, chef de file de la communauté ethnique des Mossi. L'accord, signé aux premières heures, avant l'arrivée des médiateurs ouest-africains à Ouagadougou, prévoit le cantonnement des soldats d'élite du Régiment de sécurité présidentielle dans leur base de Ouagadougou, Camp Naba Koom II. Ces derniers s'engagent aussi à dresser dans les 72 heures l'inventaire de leur arsenal. A la suite d'un sommet de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) qui s'est tenu mardi dans l'urgence, les présidents de six pays - Sénégal, Togo, Bénin, Ghana, Niger et Nigeria - étaient attendus mercredi au Burkina Faso pour s'assurer du rétablissement de Michel Kafando dans ses fonctions. Après avoir été relâché par les putschistes, Kafando avait trouvé refuge lundi à la résidence de l'ambassadeur de France à Ouagadougou. Le RSP était un des piliers du régime du président Blaise Compaoré, chassé du pouvoir par la pression de la rue en octobre 2014 pour avoir voulu changer la constitution et prolonger ainsi ses 27 années à la tête du pays. Le chef des putschistes, le général Gilbert Diendéré, ancien bras droit de Compaoré, a dit avoir agi pour empêcher la dissolution du RSP et pour protester contre la mise à l'écart d'alliés de l'ancien président pour les élections qui doivent parachever la transition. Elles étaient théoriquement prévues pour le 11 octobre. (avec Joe Penney et Nadoun Coulibaly; Danielle Rouquié et Henri-Pierre André pour le service français)

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