Kachagan, la folie des grandeurs du monde pétrolier

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L'île artificielle baptisée « D Island » du gisement de brut de Kashagan, en 2013.
L'île artificielle baptisée « D Island » du gisement de brut de Kashagan, en 2013.

Après des années de retard, ce projet pharaonique, qui a nécessité plus de 55 milliards de dollars d’investissement, livre ses premiers barils.

Le champ pétrolifère géant de Kachagan (Kazakhstan), découvert en 2000 au milieu de la mer Caspienne, se réveille après avoir été mis en sommeil pour des difficultés techniques dès le début de son exploitation à l’automne 2013. Le consortium international, qui a investi 55 milliards de dollars (51 milliards d’euros) dans la phase 1 de ce projet pharaonique (estimé à seulement 10 milliards de dollars en 2005), relancera officiellement sa production, le 23 octobre, après des semaines d’essais. Dans les mois à venir, des dizaines de milliers de barils vont se déverser sur un marché mondial déjà saturé. Jusqu’à ce que Kachagan produise à plein régime. Le pic de production de 380 000 barils par jour ne sera pas atteint avant dix ans, selon le cabinet britannique Wood MacKenzie.

Avec 35 milliards de barils – dont 9 à– milliards récupérables – ce gisement avait été salué comme la plus grande découverte d’hydrocarbures depuis Prudhoe Bay (Alaska) en 1967 et avant celle des « pré-salifères » au large des côtes du Brésil en 2008. Sa complexité technique et surtout son poids financier ont poussé les pétroliers à partager les risques au sein d’un consortium, la North Caspian Operating Company (NCOC), détenu par la société kazakhe KazMunaigas (16,88 %), les majors Total, ENI, ExxonMobil et Shell (16,81 % chacune), le chinois CNPC (8,33 %) et le japonais Inpex (7,56 %). « Le réglage des équipements des installations en mer et à terre ainsi que les tests des appareils de contrôle et ...

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