Kaboul ordonne à un journaliste américain de quitter le pays

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KABOUL, 20 août (Reuters) - La justice afghane a donné 24 heures à un journaliste du New York Times pour quitter le pays en raison de son refus de collaborer après un article sur l'éventuelle formation d'un gouvernement intérimaire, a annoncé mercredi le procureur général dans un communiqué. Matthew Rosenberg a été convoqué mardi par le procureur général après la parution dans le quotidien américain d'un article faisant état de discussions sur la formation d'un tel cabinet faute d'une sortie rapide de l'impasse politique qui a suivi l'élection présidentielle. "Ils nous ont fait venir sous prétexte d'une discussion semi-informelle", a expliqué le journaliste. "(L'échange) a été plutôt poli mais insistant lorsqu'il s'est agi de demander le nom de nos sources." Le correspondant du New York Times, qui travaille au bureau de Kaboul depuis trois ans, a déclaré que le procureur général ne l'avait pour l'instant pas contacté personnellement pour lui demander de quitter le pays. "L'article va à l'encontre de notre sécurité nationale car, actuellement, le problème de l'élection n'est toujours pas résolu et les discussions sont complexes", a déclaré le porte-parole du procureur général. Des allégations de fraude massive ont entaché l'élection présidentielle qui a opposé l'ancien économiste de la Banque mondiale Ashraf Ghani, donné vainqueur par les résultats préliminaires, à l'ancien ministre des Affaires étrangères Abdullah Abdullah, dans ce qui était censé mener à la première transition démocratique de l'histoire de l'Afghanistan. Les huit millions de bulletins glissés dans les urnes le 14 juin sont en cours de vérification sous la supervision des Nations unies. (Hamid Shalizi, Jessica Donati; Agathe Machecourt pour le service français)

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