Kaboul et les taliban discutent au Qatar, un cessez-le-feu évoqué

le , mis à jour à 22:10
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AL KHOR, Qatar, 3 mai (Reuters) - Des taliban et des membres de l'administration afghane se sont rencontrés dimanche pour la deuxième journée consécutive au Qatar et ont parlé d'un éventuel cessez-le-feu, mais se sont séparés sur un désaccord concernant la présence des forces américaines, a rapporté un délégué. Ces discussions informelles et à huis clos organisées à l'initiative du ministère qatari des Affaires étrangères se sont déroulées à Al Khor, au nord de Doha, alors que la milice islamiste mène une offensive d'envergure qui l'a conduite aux portes de Kunduz, chef lieu de la province du même nom, dans le nord de l'Afghanistan. Les délégués sont sortis de la réunion avec le sourire, mais ont refusé de répondre à la presse. Interrogé ensuite par téléphone, un représentant des taliban ayant requis l'anonymat s'est montré plus disert. "Après le début de la réunion, nos représentants ont remis des demandes et des conditions écrites, et en ont distribué des copies à tous les participants", a-t-il expliqué à Reuters. "Puis le dialogue s'est fait ouvertement et la délégation afghane ainsi que Qayyum Kochai, oncle du président (afghan) Ashraf Ghani, a demandé qu'on cesse le combat et qu'on proclame un cessez-le-feu. Ils nous ont appelés frères et nous ont conseillé de rentrer en Afghanistan et de respecter la constitution afghane", a-t-il poursuivi, expliquant que les taliban avaient exclu de déposer pas les armes avant que toutes les troupes étrangères aient quitté le pays. La délégation gouvernementale a ensuite fait valoir que la plupart de ces effectifs étaient effectivement partis, ne laissant que des conseillers qui se retireront à leur tour si les taliban renoncent à lutte armée. La réunion s'est achevée sans accord, hormis sur la poursuite du dialogue, qui devrait "probablement" reprendre le mois prochain, a conclu le délégué. D'autres négociations avaient déjà eu lieu en secret, mais elles n'ont donné aucun résultat. En février, le chef d'état-major de l'armée pakistanaise a informé Ashraf Ghani que de hauts dirigeants taliban étaient disposés à entamer des discussions directes, mais aucune avancée notable n'avait été enregistrée depuis. (Amena Bakr et Jibran Ahmad, Jean-Philippe Lefief pour le service français)

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