Kaboré remporte l'élection présidentielle au Burkina Faso

le , mis à jour à 05:48
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 (Actualisé avec déclaration de Kaboré, ambiance) 
    OUAGADOUGOU, 1er décembre (Reuters) - Roch Marc Kaboré a 
remporté l'élection présidentielle au Burkina Faso dès le 
premier tour organisé dimanche, a annoncé mardi la commission 
électorale. 
    La victoire de cet ancien Premier ministre de Blaise 
Compaoré, avec 53,5% des voix, pourrait constituer un moment 
charnière pour ce pays d'Afrique de l'Ouest, quasiment toujours 
gouverné par des personnalités arrivées au pouvoir par la force 
depuis son indépendance de la France en 1960. 
    Cette élection présidentielle et les législatives organisées 
parallèlement doivent parachever la transition ouverte avec la 
chute de Blaise Compaoré en octobre 2014 après 27 années au 
pouvoir. 
    "Ma première pensée est de reconnaître l'honneur de cette 
charge élevée et de ressentir le poids de cette grande 
responsabilité", a déclaré Roch Marc Kaboré devant des milliers 
de partisans tandis que la foule célébrait sa victoire à coups 
de klaxon dans les rues de la capitale, Ouagadougou. 
    Roch Marc Kaboré, qui a également exercé le mandat de 
président de l'Assemblée nationale sous Blaise Compaoré, avait 
rompu avec ce dernier au début de l'année 2014 pour former un 
nouveau parti d'opposition. 
    Il s'est imposé avec une large avance sur ses 13 rivaux, 
dont le plus proche, l'ancien ministre des Finances Zéphirin 
Diabré, a recueilli 29,7% des suffrages, a précisé la Commission 
électorale nationale indépendante (Ceni). La participation a été 
de 60%. 
    "Cette élection s'est déroulée dans le calme et la sérénité, 
ce qui prouve la maturité du peuple du Burkina Faso", a souligné 
Barthélémy Kéré, président de la Ceni, au cours d'une conférence 
de presse. 
    Blaise Compaoré a pris le pouvoir par la force en 1987 avant 
de remporter quatre élections présidentielles, toutes face à des 
candidats de l'opposition. 
    Sa volonté de modifier la Constitution en vue de rester à la 
tête du pays a provoqué un soulèvement populaire appuyé par 
l'armée, qui a provoqué sa chute. 
    Les élections de dimanche parachèvent une transition parfois 
chaotique conduite par Michel Kafando, qui n'était pas candidat. 
Elles devaient initialement se tenir le 11 octobre mais ont été 
repoussées à la suite d'une tentative de coup d'Etat menée par 
le Régiment de sécurité présidentielle (RSP), la garde 
prétorienne aujourd'hui démantelée. 
 
 (Mathieu Bonkoungou; Henri-Pierre André et Bertrand Boucey pour 
le service français) 
 
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