Juppé sonne l'heure de la "mobilisation générale"

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    * L'ex-Premier ministre réunit 6.000 personnes au Zénith 
    * Fidèle à sa stratégie, il compte sur une forte 
participation dimanche au premier tour de la primaire de la 
droite 
 
    par Simon Carraud 
    PARIS, 14 novembre (Reuters) - Alain Juppé a exhorté lundi 
soir à Paris ses partisans à organiser la "mobilisation 
générale" sur laquelle il mise pour virer en tête dimanche 
prochain au premier tour de la primaire de la droite et 
l'emporter une semaine plus tard. 
    "Plus il y aura de votants et plus j'aurai de chance de 
gagner", a lancé le maire de Bordeaux devant environ 6.000 
personnes réunies au Zénith pour une démonstration de force de 
son camp, qui réunit autour de l'ancien Premier ministre les 
principales figures centristes et les héritiers politiques de 
Jacques Chirac. 
    Depuis deux ans, le favori des sondages s'en tient à sa 
stratégie consistant à battre le rappel des électeurs de droite 
et du centre mais aussi des sympathisants désenchantés du Front 
national et des "déçus du hollandisme". 
    Pour que ce pari fonctionne, il escompte une participation 
supérieure à deux millions de personnes à la primaire. Mais, 
dans son entourage, on craint à l'approche du scrutin une 
démobilisation de l'électorat, qui profiterait mécaniquement à 
Nicolas Sarkozy, fidèle depuis son entrée en campagne au mois 
d'août à son choix tactique de s'adresser en priorité au noyau 
dur de la droite. 
    "Il reste quelques efforts à faire pour gagner tout de 
même", a répondu l'ex-sarkozyste Patrick Devedjian à la foule du 
Zénith qui scandait "On va gagner".  
    "Dans six jours, ce sera la première étape, peut-être la 
plus décisive: le premier tour", a pour sa part déclaré Alain 
Juppé devant un auditoire où se mêlaient les membres du premier 
cercle, les ralliés comme Frédéric Lefebvre et Valérie Pécresse, 
mais également Jean-Louis Debré, qui n'avait encore jamais 
manifesté sa préférence entre les sept candidats. 
    "Alors c'est le moment de la mobilisation générale", a-t-il 
ajouté avant d'appeler ses sympathisants à convaincre leurs 
proches de voter ces deux prochaines semaines, en rappelant au 
passage les modalités du scrutin. 
     
    "ATTAQUES IGNOMINIEUSES" 
    Les sondages continuent à lui prêter une avance confortable, 
surtout en vue du deuxième tour, mais plusieurs instituts ont 
mesuré ces derniers jours un tassement des intentions de vote en 
sa faveur et, parallèlement, un maintien de Nicolas Sarkozy et 
une poussée de François Fillon.   
    Dans ce climat, la campagne n'a jamais ralenti. 
    "Je fais campagne dans la dignité. Depuis quelques temps, je 
concentre sur moi toutes les attaques (...). Les plus récentes 
sont particulièrement ignominieuses", a déploré le maire de 
Bordeaux, sans plus de précisions sur la nature des attaques 
auxquelles il songe.  
    "Si leurs auteurs croient me déstabiliser, ils se trompent. 
Droit dans mes bottes j'ai été, droit dans mes bottes je 
resterai", a poursuivi l'ex-Premier ministre, qui doit en partie 
son image de rigidité à cette expression prononcée au plus fort 
des grèves de l'hiver 1995. 
    Durant son discours long d'une quarantaine de minutes, Alain 
Juppé a cependant lui-même éreinté Nicolas Sarkozy et dénoncé à 
mots couverts la promesse faite par l'ex-président de confier 
Matignon au chiraquien François Baroin. 
    "Je n'ai monnayé aucun soutien contre un portefeuille 
ministériel ou contre des circonscriptions législatives. Cela a 
pu me coûter des ralliements, mais la liberté est à ce prix", 
a-t-il jugé, sans prononcer le nom de son concurrent. 
    Il a en réalité laissé aux orateurs qui l'ont précédé le 
soin d'asséner les coups plus virulents, à l'image du centriste 
Jean-Christophe Lagarde qui a dit, en référence au futur 
président américain, ne pas vouloir d'un "mini-Trump à 
l'Elysée". 
    Alain Juppé tiendra son dernier grand meeting 
d'avant-premier tour vendredi à Lille. 
 
 (édité par Henri-Pierre André) 
 
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  • M7403983 il y a 3 semaines

    En tout cas, je ne pourrai pas voter. N'étant pas dans ma ville de bureau de vote dimanche prochain : pas de possibilité de vote par correspondance, ni par internet ..... Hélas, c'est ainsi et à plus de 60 ans, j'en ai marre de ces approximations de démocratie !!!!!