Juppé s'interpose en rassembleur dans le duel Copé-Fillon

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Juppé s'interpose en rassembleur dans le duel Copé-Fillon
Juppé s'interpose en rassembleur dans le duel Copé-Fillon

PARIS (Reuters) - Alain Juppé tente de dessiner une troisième voie dans la compétition pour la direction de l'UMP afin d'empêcher un combat fratricide entre François Fillon et Jean-François Copé mais son offre pacificatrice paraît vouée à l'échec.

L'ancien Premier ministre, auquel François Fillon a coupé l'herbe sous le pied en annonçant dès samedi sa candidature, entend se poser en recours afin de préserver, dit-il, la fragile unité du parti néo-gaulliste et préparer sereinement la sélection pour l'élection présidentielle de 2017 dont il ne sera pas.

Le maire de Bordeaux juge "inutile" et "dangereux" de brûler les étapes alors que François Fillon et Jean-François Copé, qui devrait se déclarer d'ici à la fin du mois d'août, se disputent le leadership de la droite avec l'Elysée pour horizon.

"Ma position est très claire : si François Fillon et Jean-François Copé vont au bout de leurs intentions (...), je ne vais pas ajouter une troisième candidature, au risque d'accentuer encore la cacophonie au sein de l'UMP. Dans ce cas-là, je ne prendrai position ni pour l'un ni pour l'autre", a-t-il expliqué sur Europe 1.

Alain Juppé a avancé dimanche soir sur son blog la solution dune direction collégiale, composée du triumvirat prévu par les statuts (président, vice-président, secrétaire général) et d'un comité stratégique d'une dizaine de hautes personnalités dont François Fillon et Jean-François Copé seraient.

Le futur président de l'UMP s'engagerait dans ce schéma à ne pas être candidat à la primaire d'investiture présidentielle, prévue en 2016 et tiendrait les rênes jusqu'au prochain congrès de 2015. En clair, Alain Juppé se considère comme l'homme de la situation.

"Si on arrive à monter une solution de ce type, alors moi je suis prêt à être candidat", a-t-il répété sur Europe 1.

Les deux camps, pro-Copé et pro-Fillon, ont accueilli la démarche avec réserve, la jugeant ambiguë malgré les assurances de l'intéressé. Et ce scénario "consensuel" va à l'encontre des desseins des deux adversaires, qui n'ont clairement pas l'intention de baisser les armes.

"Choisir Alain Juppé serait une solution d'attente" qui repousserait la question du leadership à 2015, ce qui est "dangereux", a estimé lundi Valérie Pécresse, soutien de François Fillon, sur LCI.

"EAU TIÈDE"

L'élection du président de l'UMP, par les militants à jour de cotisation (environ 250.000 selon le parti), est prévue en novembre et le dépôt officiel des candidatures est fixé à septembre.

Jean-François Copé, qui veut s'assurer le soutien de la base, sillonne de longue date la France à la rencontre des fédérations. Après le Finistère et la Seine-Saint-Denis durant le week-end, il était attendu lundi soir en Eure-et-Loir.

François Fillon a quant à lui posté dimanche sur internet un message destiné aux sympathisants et fait diffuser une lettre expliquant son désir de reconquête, lui "militant parmi les militants".

La campagne s'amorce donc avant l'heure et s'oriente vers la définition des "lignes" en présence alors que le groupe de travail sur les "valeurs" poursuit sa réflexion - la prochaine réunion est prévue jeudi - et que les mouvements au sein de l'UMP devraient voir le jour en septembre.

Jean-François Copé, député-maire de Meaux (Seine-et-Marne) se revendique candidat d'"une droite décomplexée" relayant sans tabou les "angoisses" et "exaspérations" de la population, loin de "ceux qui depuis certains beaux quartiers de Paris donnent des leçons de morale". Et dit ne pas "forcément connaître" la ligne de François Fillon, député de la 2e circonscription de Paris, qui recouvre les quartiers aisés du 7e arrondissement.

Aux copéistes qui mettent en garde les militants contre une "ligne à l'eau tiède", François Fillon se dit garant des "valeurs de la droite républicaine qui n'ont d'ailleurs pas besoin d'être débattues puisqu'elles sont constitutives de notre engagement politique".

L'ancien Premier ministre a reçu un soutien de poids en la personne d'Eric Ciotti, membre de "La Droite populaire" et proche de Christian Estrosi, soutien de Jean-François Copé, qui a l'avantage de représenter l'une des plus grosses fédérations de l'UMP.

Pour le député des Alpes-Maritimes, qui s'exprime dans Le Figaro, François Fillon est "un homme d'Etat animé par le seul sens de l'intérêt général qui a toujours refusé les compromis à l'eau tiède".

Sophie Louet, édité par Patrick Vignal

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