Juppé défie Sarkozy et Fillon pour la présidentielle de 2017

le
2

* Juppé sort du bois quelques jours avant Sarkozy * Il propose une union de la droite et du centre * Bayrou saisit la balle au bond (Actualisé avec contexte, déclarations, réaction) PARIS, 20 août (Reuters) - L'ancien Premier ministre Alain Juppé a pris de vitesse Nicolas Sarkozy en annonçant mercredi qu'il serait candidat aux primaires de l'UMP pour l'élection présidentielle de 2017 avec l'ambition de rassembler la droite et le centre au premier tour. Le maire de Bordeaux a choisi de sortir de l'ambiguïté au moment précis où le gouvernement faisait sa rentrée dans un contexte économique particulièrement morose. "J'ai décidé d'être candidat, le moment venu, aux primaires de l'avenir", écrit-il sur son blog, évoquant les "terribles crises" qui secouent le monde et un exécutif qui a selon lui "perdu la confiance des Français". "Il reste moins de deux ans pour les organiser (car le bon sens voudrait qu'elles aient lieu au printemps 2016). C'est un bon délai", ajoute-t-il. Alain Juppé se lance face à l'ancien Premier ministre François Fillon mais, surtout, quelques jours avant que Nicolas Sarkozy annonce s'il brigue la présidence de l'UMP, qui fera l'objet d'une élection interne fin novembre et début décembre. L'ancien président avait déclaré le 2 juillet, le jour même de sa mise en examen pour trafic d'influence, corruption active et violation du secret professionnel dans le dossier des fausses factures présumées en marge de sa campagne de 2012, qu'il ferait connaître ses intentions "fin août, début septembre". Il n'avait guère laissé planer de doutes sur ses intentions - "la question de savoir si on renonce ne se pose pas pour moi" - et sur le fait que la présidence de l'UMP serait pour lui un tremplin vers l'échéance de 2017. ID:nL6N0PD4S5 Alain Juppé, 69 ans, veut croire que l'UMP, qui "sort à peine d'une période de fortes turbulences" après la démission de Jean-François Copé pour cause d'affaire Bygmalion, élira un président "capable d'insuffler au mouvement un nouvel élan". Mais, comme François Fillon, il a toujours estimé que le futur président de l'UMP ne devrait pas être candidat en 2017. L'ancien Premier ministre et l'ancien président sont donc désormais ouvertement rivaux. "PORTRAIT-ROBOT" DU RASSEMBLEUR, POUR BAYROU Les bons sondages dont bénéficie Alain Juppé l'ont sans doute incité à se lancer dans la course, comme ceux qui montrent que la présidente du Front national, Marine Le Pen, arriverait en tête au premier tour en 2017. Selon un sondage Ifop publié le 6 juillet par le Journal du Dimanche, 45% des Français souhaitent que lui ou François Fillon se présentent, contre 41% pour Nicolas Sarkozy. La stratégie de l'ancien Premier ministre est claire. "La première condition sera de rassembler dès le premier tour les forces de la droite et du centre autour d'un candidat capable d'affronter le Front National d'un côté et le PS ou ce qui en tiendra lieu de l'autre", souligne-t-il sur son blog. "Si nous nous divisons, l'issue du premier tour devient incertaine et les conséquences sur le deuxième tour imprévisibles", explique-t-il en évoquant des primaires "largement ouvertes", donc y compris aux centristes, une vision très éloignée de celle défendue par Nicolas Sarkozy. Le président du MoDem, François Bayrou, "troisième homme" de la présidentielle de 2007, a d'ailleurs salué mercredi l'acte de candidature d'Alain Juppé, qui a soutenu le dirigeant centriste dans sa conquête de la mairie de Pau en mars dernier. "Je crois qu'il répond au portrait-robot de celui qui peut rassembler les Français", a-t-il dit sur France Info. "Si vous me demandez si je peux m'entendre avec Alain Juppé, la réponse est oui." François Bayrou, qui n'envisage pas d'alliance avec Nicolas Sarkozy, a renchéri sur Europe 1 en souhaitant "une forme d'union nationale" pour redresser la France. Alain Juppé entend, s'il est élu, mener une politique de croissance pour créer de l'emploi, réduire les déficits grâce à un "bon dosage entre la politique de l'offre et la politique la demande" et au retour de la confiance. Des réformes seront également nécessaires pour "assurer la pérennité du modèle social français" : repousser l'âge de départ à la retraite et modifier les modalités de l'indemnisation du chômage pour "inciter davantage à la reprise du travail" font partie des propositions qui demandent à être "approfondies". (Yves Clarisse, avec Chine Labbé et Grégory Blachier, édité par Yves Clarisse)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M6445098 le mercredi 20 aout 2014 à 12:38

    Juppé, c'est retour vers...le passé. aucune capacité à réformer, aucun courage politique, un pur Chiraquien donc + de gauche que de droite. il aurait plus sa place au PS.

  • M8252219 le mercredi 20 aout 2014 à 12:30

    l'UMP:? des économies à la hauteur de notre déficit Réduction de moitié du nombre des députés,plafonnement de leurs indemnités,avantages,revenus et retraites à 5 fois le SMIG. suppression du sénat.Retour aux 40h hebdomadaire pour TOUS.La retraite à 65 ans pour TOUS. 3js de délais de carence en arrêt maladie pour TOUS.Terminé les promotions automatiques à l'ancienneté dans la fonction publique.Réduction de moitié du nombre des élus dans les nouvelles régions