Juppé: Copé a l'ardente obligation de rassembler

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Le maire de Bordeaux et fondateur de l'UMP, Alain Juppé, a déclaré mardi matin à l'AFP que le nouveau président de son parti, Jean-François Copé, avait, après sa victoire "serrée", "l'ardente obligation" de rassembler, l'assurant de son "soutien"."Les conditions dans lesquelles s'est déroulée la fin de la campagne (...) font une ardente obligation à Jean-François Copé de rassembler le mouvement", a-t-il déclaré à l'AFP à Bordeaux, au lendemain de l'annonce des résultats."Il y a un président, il est élu, et il peut compter sur mon soutien. Je l'ai dit à Jean-François Copé en l'appelant aux premières heures de la matinée", avait-il dit en préalable.Jean-François Copé s'est engagé dans ce sens, mais "cela doit se traduire dans les faits" a insisté Alain Juppé, qui a énuméré trois conditions.En premier lieu, a-t-il dit, "en recréant au sein de la famille un climat de convivialité et même d'amitié qui doit régner dans une formation politique", car il y a "quelques plaies à panser"."Deuxièmement, en constituant une équipe qui soit représentative de toutes les sensibilités du mouvement, et en particuler les 50% qui ont voté pour François Fillon" et, enfin, "en tenant compte aussi de cette diversité dans le projet qu'il va falloir maintenant construire et proposer aux Françaises et aux Français"."Dans ce travail, comme je l'ai dit à Jean-François Copé, si je peux l'aider, je le ferai".M. Juppé a récusé l'existence d'une "fracture", au sein de l'UMP, tout en admettant un "risque de retour en arrière et de reconstitution d'un paysage politique qui nous rappelerait RPR-UDF"."Pour le bon fonctionnement de notre démocratie, il nous faut absolument éviter ce piège qui nous est tendu par le Front national et par les socialistes", a-t-il dit, au cours d'une interview accordée avant que M. Copé ne propose à M. Fillon le poste de vice-président, que l'ex-Premier ministre devait refuser.M. Juppé a estimé qu'il n'existait pas "d'incompatibilité fondamentale" entre les deux hommes. "Je n'ai pas senti dans la bouche ou l'esprit de François Fillon je ne sais quelle mollesse", a-t-il noté.Quant à Copé, en dépit de "formules dont l'accumulation a pu déplaire", "quand on l'écoute bien on se rend compte qu'il partage aussi le socle de valeurs qui est le nôtre".Concernant le FN, Alain Juppé a répété: "En aucune circonstance je ne resterai dans un parti qui soit ambigu de ce point de vue".Il a toutefois insisté sur le nécessaire "travail pédagogique" auprès de franges de l'électorat UMP tentés par des alliances avec le FN, mais aussi sur la nécessité de permettre que "ceux qui ont une sensibilité centriste se sentent à l'aise".Regrettant que la campagne ait viré à un positionnement en vue de la présidentielle de 2017, le maire de Bordeaux a rappelé qu'il faudrait attendre la primaire de 2016 pour choisir le champion UMP. Avant, a-t-il dit, "il y aura de nouvelles élections à la présidence (de l'UMP) en 2015".Concernant Nicolas Sarkozy, M. Juppé, qui dit l'avoir "fréquemment au téléphone", a souhaité qu'il puisse "faire prévaloir son bon droit", devant la justice, notamment bordelaise, qui pourrait l'entendre dans les jours qui viennent."C'est toujours une épreuve", a-t-il dit, en référence à l'affaire des emplois fictifs du RPR qui avait conduit à sa propre condamnation, en 2004.Le maire de Bordeaux a assuré ne pas avoir "d'ambition nationale à la tête du parti". "J'ai déjà dirigé un parti il y a des années, j'en connais les joies et les peines. Mon objectif c'est Bordeaux 2014".

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