Juppé, candidat pour le plein emploi, défend un libéralisme "sérieux"

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    * Retour à la durée légale de 39 heures 
    * Un large effort fiscal en faveur des entreprises 
    * Le taux de TVA relevé d'un point 
    * E2 milliards de baisses d'impôts pour les familles 
    * Départ légal à la retraite à 65 ans 
 
    PARIS, 10 mai (Reuters) - Alain Juppé, favori pour 
l'investiture présidentielle à droite, s'est engagé mardi à un 
taux de chômage à 5% en France à l'horizon 2022 s'il est élu en 
2017, dans un programme centré sur l'entreprise qui supprimera 
notamment les 35 heures et allègera les charges patronales. 
    Taxé de pusillanimité par ses principaux rivaux, notamment 
François Fillon qui prône un libéralisme thatchérien, l'ancien 
chef de gouvernement a dit refuser les "trois slogans ou deux 
formules qui prétendent renverser la table ou renouveler le 
genre humain". 
    Mais soucieux d'"annoncer la couleur", une leçon tirée des 
grandes grèves de 1995 contre sa réforme des régimes spéciaux de 
retraite et de la Sécurité sociale, Alain Juppé a annoncé lors 
d'un discours à Paris et dans un livre à paraître mercredi, 
"Cinq ans pour l'emploi", qu'il appliquerait ses mesures par 
ordonnances, dans les six mois suivant son élection, à la tête 
d'un gouvernement de 10 à 12 ministres de plein exercice. 
    Le maire de Bordeaux rejoint ses concurrents sur la 
réduction des dépenses publiques, dont il évalue la nécessité à 
80 à 100 milliards d'euros sur cinq ans. 
    Alain Juppé marque en revanche sa différence sur les 35 
heures en prônant le retour des 39 heures comme référence légale 
dans le Code du travail. "S'il n'y a pas une sorte de butoir, il 
ne se passera rien", a-t-il justifié mardi soir. 
    Les entreprises auront deux ans pour négocier, en fonction 
de leurs besoins, la durée de travail à 36, 37, 38 ou 39 heures 
"en augmentant proportionnellement les salaires". En l'absence 
d'accord, la durée de référence de 39 heures s'appliquera. 
    "Les heures supplémentaires entre 35 et 39 heures 
bénéficieront d'un mécanisme d'exonération fiscale et sociale", 
a-t-il précisé. 
     
    SUPPRESSION DE L'ISF EN 2018 
    Pour favoriser l'embauche, il propose de refondre les 
allègements de charges existants, dont le CICE, en un seul 
dispositif axé sur les bas salaires, un "zéro charge patronale" 
sur le smic dégressif jusqu'à 1,8 smic. 
    Autre mesure phare, les cotisations famille seraient 
baissées de 10 milliards d'euros avec en contrepartie une 
augmentation d'un point de la TVA de 20% à 21%. 
    Alain Juppé entend réhabiliter le CDI en inscrivant dans le 
contrat des motifs prédéterminés de rupture "adaptés à 
l'entreprise, encadrés par la loi et homologués par 
l'administration". 
    "Nous avons tout essayé, sauf ce qui marche partout 
ailleurs", a-t-il lancé. 
    En matière fiscale, il envisage une imposition forfaitaire 
des plus-values dégressive en fonction de la durée de détention 
et qui descendra jusqu'à 25% (prélèvements sociaux inclus) au 
bout de six ans. Il table sur une baisse de 11 milliards d'euros 
de l'impôt sur les sociétés (IS) pour le faire converger vers la 
moyenne européenne (22%). Il serait ramené de 33,3% à 30% pour 
la grande majorité des entreprises. 
    Alain Juppé s'est engagé à la suppression de solidarité sur 
la fortune (ISF) en 2018. Une loi de programmation fiscale 
serait votée à l'automne 2017 qui détaillerait les mesures 
fiscales sur cinq ans. 
    Prudent sur les réductions d'impôts -- qui fleurissent en ce 
printemps, a-t-il ironisé --, Alain Juppé a promis une baisse de 
deux milliards d'euros en faveur des familles via un relèvement 
du quotient familial de 1.500 à 2.500 par demi-part. Les 
cotisations des particuliers employeurs seraient par ailleurs 
allégées de 600 millions d'euros. 
     
    "JE NE VEUX PAS CASSER LA BARAQUE" 
    Pour rendre les "baisses d'impôts crédibles et durables", le 
candidat vise un effort drastique sur la dépense publique. 
    L'Etat donnera l'exemple à hauteur de 25 à 30 milliards 
d'euros en réduisant son périmètre d'intervention (les 
organismes et missions à supprimer seront précisés "pendant la 
campagne") en baissant notamment le nombre de fonctionnaires de 
250.000 et en instituant deux jours de carence. Les 
collectivités locales seront mises à contribution à hauteur de 
10 à 15 milliards d'euros. 
    Un effort de 50 milliards d'euros sera réalisé sur la 
Sécurité sociale en portant, notamment, progressivement l'âge de 
départ à la retraite à 65 ans entre 2018 et 2026. 
    Sur la protection sociale, "je ne veux pas casser la 
baraque", a souligné Alain Juppé en allusion à François Fillon. 
    "La société française est mûre pour évoluer, (...) je vais 
faire des réformes en France et mes successeurs gagneront les 
élections évidemment", a assuré l'ancien Premier ministre de 
Jacques Chirac, qui se destine à un seul mandat présidentiel. 
 
 (Sophie Louet) 
 
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