Juppé accuse Sarkozy d'en "rajouter sur le malheur des temps"

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    STRASBOURG, 13 septembre (Reuters) - Alain Juppé a accusé 
mardi Nicolas Sarkozy, qui ironise sur son concept "d'identité 
heureuse", d'en "rajouter sur le malheur des temps" au lieu 
d'insister sur les atouts de la France. 
    L'ancien président, qui a placé les questions d'identité et 
d'immigration au cœur de sa campagne et veut séduire une partie 
de l'électorat du Front national, conteste la pertinence de 
cette notion quand Bruno Le Maire traduit la proposition de 
l'ancien Premier ministre par "immobilité heureuse". 
    "Ce qui est pour moi la responsabilité d'un leader 
politique, ce n'est pas d'en rajouter sur le malheur des temps 
ou de noircir un peu plus encore la situation", a déclaré Alain 
Juppé lors d'une conférence de presse en amont d'un meeting 
qu'il devait tenir à Strasbourg. 
    "C'est au contraire de montrer que la France a tous les 
atouts pour repartir de l'avant (...) parce que je ne renoncerai 
pas à dire qu'on peut être heureux en France", a ajouté le 
champion des sondages pour la primaire de la droite et du centre 
pour l'élection présidentielle. 
    "Je mesure parfaitement les difficultés de la situation, il 
ne faut pas venir m'expliquer ce que c'est que le terrain, a 
poursuivi le maire de Bordeaux, mais je le répète, un vrai 
leader politique, il tire vers le haut, il ne tire pas vers le 
bas." 
    Invité à préciser qui étaient ces oiseaux de mauvais augure, 
celui qui fut aussi ministre des Affaires étrangères de Nicolas 
Sarkozy a évoqué "beaucoup de monde".  
    "Certains vont jusqu'à proposer que la France sorte de la 
Convention européenne des droits de l'homme. On est malade ou 
quoi ?" a-t-il demandé. 
    Quand Nicolas Sarkozy veut placer en rétention 
administrative les personnes suspectées de radicalisation, une 
pratique interdite par la Convention européenne des droits de 
l'homme, il a rappelé sa "ligne rouge" : "Ne pas créer un 
Guantanamo à la française" et n'interner des individus 
potentiellement dangereux que sous le contrôle d'un juge. 
    Alain Juppé a néanmoins concédé que la question de 
l'identité de la France était l'une des "deux très fortes 
inquiétudes" des Français, avec les questions économiques et 
sociales. 
    "La France est diversité, on ne l'effacera pas", a-t-il 
affirmé, en convoquant les particularismes régionaux, 
particulièrement vivaces en Alsace, et la France ultramarine, 
comme une vivante réfutation de la politique d'assimilation 
prônée par Nicolas Sarkozy. 
    "Sauf que ça ne marche qu'à deux conditions : pas de 
communautarisme, on ne se replie pas sur soi-même, et le partage 
d'un bien commun", a-t-il ajouté. 
    "Concilier notre diversité qu'on ne va pas gommer dans une 
politique d'assimilation dont je ne sais pas ce qu'elle veut 
dire mais en même temps conforter ce bien commun et ce bien 
commun, c'est l'histoire, c'est la culture, c'est le langage, 
c'est les valeurs de la République, c'est la laïcité", a-t-il 
conclu. "C'est ça qui nous permet de construire cette identité 
heureuse dont c'est ma responsabilité de donner la vision ." 
 
 (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse) 
 
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