Junior Malanda, la fureur de vivre.

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Junior Malanda, la fureur de vivre.
Junior Malanda, la fureur de vivre.

C'est une erreur de jeunesse, comme tant d'autres, qui a subitement brisé un destin doré. Lancé à toute allure vers les sommets, le prometteur Junior Malanda a péri d'un excès de vitesse sur une autoroute allemande le 10 janvier dernier. Sous le choc, ses anciens coéquipiers et amis pleurent un jeune homme exemplaire et surdoué, enterré aujourd'hui à Bruxelles devant des personnes réunies par milliers.

Telle une perfusion d'adrénaline pure, l'aiguille du compteur a doucement empli ses veines d'une sensation d'extase. Chaque kilomètre avalé, chaque voiture dépassée, sonnait comme la promesse d'une intensité nouvelle. Quand on est lancé à toute allure sur l'autoroute, les émotions se confondent pour ne plus former qu'un entre-deux incertain et grisant entre la vie et la mort. L'amour du risque a ceci d'haletant qu'il comble notre existence intérieure d'une félicité insondable : les plus braves savent que c'est en risquant de tout perdre que l'on gagne vraiment. Cette vérité, Junior Malanda la connaissait. Peut-être a-t-il exulté quand Anthony d'Alberto, son ami, a pressé l'accélérateur. À l'origine, c'était un coup de main amical pour l'amener auprès de ses coéquipiers, prêts à s'envoler pour un stage en Afrique du Sud. La suite, c'est une violente embardée, un accident terrible, un clap de fin sur un destin doré. Installé sur la banquette droite arrière du véhicule, sans sa ceinture bouclée, Junior Malanda est mort sur le coup. Gravement blessés, le conducteur et le passager avant s'en sont miraculeusement sortis. Il n'y a pas d'égalité face à la grande loterie.
"Il arrive de se sentir insubmersible"
Ironie macabre, c'est un excès de vitesse qui aura tué le plus grand espoir belge, lancé à toute berzingue vers les sommets. Habitué à sauter les étapes, Junior Malanda n'avait pas peur d'avancer, armé d'un aplomb impressionnant et d'une précoce maturité. " À l'école, quand le professeur cherchait des candidats pour être responsable de classe, j'étais toujours le premier à lever le doigt" expliquait-il récemment, en bon élève. " En football, j'essaie toujours de motiver et de soutenir mes coéquipiers. Même après une défaite, car un capitaine doit répondre présent dans les moments difficiles." Doué, attachant, déterminé, Junior Malanda forçait l'admiration de tous ceux qui l'ont côtoyé, à l'image de Marc Van Geersom, le célèbre entraîneur belge : "C'est choquant. C'était mon capitaine pendant deux ans, chez les U18 puis les U19. Junior, c'était un mec exemplaire qui savait se faire respecter et prendre un groupe en main. Il avait des qualités tellement rares pour un joueur de son âge. C'est une très grande perte pour le football belge". En dépit de son sérieux, une erreur de jeunesse lui aura coûté la vie. "On a tous eu 20...


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