Juncker veut des décisions dimanche sur la crise des migrants

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(Actualisé avec position des Pays-Bas) BERLIN, 24 octobre (Reuters) - Le sommet de dirigeants européens organisé dimanche pour évoquer la situation des migrants dans les Balkans doit déboucher sur des décisions, a déclaré samedi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker. A l'approche de l'hiver, le sort de centaines de milliers de migrants et de réfugiés devient de plus en plus préoccupant, les capacités d'accueil de la plupart des pays européens étant insuffisantes. Jean-Claude Juncker a invité les chefs d'Etat ou de gouvernement d'Autriche, de Bulgarie, de Croatie, de Macédoine, d'Allemagne, de Grèce, de Hongrie, de Roumanie, de Serbie et de Slovénie. La réunion est prévue entre 15h00 et 18h00 GMT et sera suivie d'un dîner de travail. "Ils vont discuter de ce qu'il est nécessaire de faire au plus vite, des réponses à donner en matière humanitaire et se prononcer sur des mesures à court terme", a dit Jean-Claude Juncker au groupe de médias allemands Funke. Selon la presse allemande, le chef de l'exécutif européen va présenter un plan en 16 points prévoyant notamment des engagements sur les règles d'expulsions des migrants. Il propose notamment que les pays n'expulsent plus les candidats à l'asile d'un pays vers un autre sans accord préalable. Le Premier ministre néerlandais Mark Rutte, qui a rencontré samedi le président du Conseil européen Donald Tusk, a appelé les pays d'Europe de l'Est à faire plus pour endiguer le flot de migrants qui se dirigent vers l'Union européenne. Il a aussi demandé une répartition plus équitable des demandeurs d'asile au sein de l'UE. Cet appel fait écho à ceux d'autres dirigeants des pays riches de l'EU, qui craignent qu'un immigration à grande échelle ne favorise la montée en puissance de l'extrême droite xénophobe. "Il n'est pas possible que des pays comme la Suède, les Pays-Bas et l'Allemagne aient la part du lion des demandeurs d'asile" a déclaré Mark Rutte à la télévision publique samedi. "L'Europe de l'Est a fait trop peu pour résister à l'afflux de réfugiés", a-t-il dit. "Nous avons investi des sommes énormes pour eux (ces pays) et maintenant ils en font trop peu." Les Pays-Bas, qui assureront à partir du 1er janvier la présidence tournante de l'UE, sont prêts à fournir un soutien plus important aux Etats membres qui ont des difficultés à sécuriser leur frontières extérieures, a-t-il dit. Près de la moitié des migrants qui fuient la guerre et la pauvreté au Proche-Orient et en Afrique entrent dans l'UE via ses pays les plus pauvres du sud et de l'est. Jean-Claude Juncker a salué l'attitude de la chancelière allemande Angela Merkel qui poursuit ses efforts pour surmonter la crise des migrants et des réfugiés, une crise selon elle plus grave pour l'Europe que ne l'est celle de la Grèce. Malgré l'opposition de certains de ses alliés, Angela Merkel estime que l'Allemagne doit se préparer à accueillir 800.000 réfugiés cette année. (Madeline Chambers et Thomas Escritt; Nicolas Delame et Danielle Rouquié pour le service français)

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