Juncker plaide pour une Europe à plusieurs vitesses

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    BRUXELLES, 23 février (Reuters) - Le président de la 
Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a plaidé jeudi pour 
que l'Union européenne permette à des Etats membres de renforcer 
leur coopération dans certains domaines sans que l'ensemble du 
bloc suive le mouvement. 
    La Commission présentera ses propositions à ce sujet dans un 
livre blanc la semaine prochaine, a dit Juncker dans un discours 
prononcé devant des étudiants de l'université catholique de 
Louvain-la-Neuve.  
    L'idée d'une Europe à plusieurs vitesses, qui alimente 
depuis des années un vif débat au sein de l'Union, a été 
relancée par le vote des Britanniques en faveur de la sortie de 
l'UE le 23 juin dernier.  
    Certains gouvernements souhaitent approfondir le partage de 
souveraineté dans l'espoir d'améliorer l'efficacité de l'UE 
tandis que d'autres estiment que le Brexit et la progression des 
partis nationalistes sur le continent prouvent que les Européens 
sont contre cette hypothèse. 
    Lors d'une intervention intitulée "L'Europe, une vision 
d'avenir", Juncker a clairement montré sa préférence pour la 
première option: "Le temps n'est plus où l'on pouvait s'imaginer 
faire tous la même chose ensemble", a-t-il dit.  
    "Est-ce qu'il ne faudrait pas que ceux qui veulent avancer 
plus rapidement puissent le faire sans gêner les autres en 
mettant en place un cadre plus structuré et ouvert à tous?" 
    "Je plaiderai en ce sens dans les prochains jours", a-t-il 
ajouté. 
    La chancelière allemande Angela Merkel, qui a rencontré 
Juncker mercredi, avait prédit la constitution d'une UE à 
plusieurs vitesses il y a trois semaines, faisant écho à 
d'autres membres fondateurs comme la France et réjouissant les 
organisateurs italiens du sommet de Rome du 25 mars, censé 
lancer un vaste débat sur la réforme de l'UE soixante ans après 
la signature du traité de Rome.  
    Mais d'autres Etats membres, en particulier ceux d'Europe 
orientale, estiment que l'idée est porteuse de divisions et 
risque d'interrompre les progrès de leurs économies qui 
cherchent à atteindre le niveau de prospérité de l'Europe 
occidentale. Certains pays membres font valoir que l'UE autorise 
déjà une coopération renforcée entre certains Etats.  
    Le meilleur exemple en est la zone euro, qui comprend 19 des 
28 membres de l'UE.  
    Mais il reste d'autres domaines, comme celui de la défense, 
mentionné dans son discours par Jean-Claude Juncker. 
 
 (Alissa de Carbonnel et Alastair Macdonald; Jean-Stéphane 
Brosse pour le service français) 
 
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