Juncker exhorte les Grecs à dire "oui" à l'offre des créanciers

le , mis à jour à 14:51
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* Le président de la Commission se sent "trahi" par Tsipras * Il n'y aura pas de nouvelle proposition, dit-il * Il appelle les électeurs grecs à désavouer leur Premier ministre * La Grèce ne doit pas "jouer en deuxième division" (Actualisé avec citations, contexte) BRUXELLES, 29 juin (Reuters) - Le président de la Commission européenne a exhorté lundi les citoyens grecs à mesurer l'importance des concessions faites par leurs créanciers et à approuver lors du référendum de dimanche le projet d'accord que leur gouvernement a rejeté. "Il ne faut pas se suicider parce qu'on a peur de la mort", a dit Jean-Claude Juncker lors d'une conférence de presse après l'échec des négociations samedi dernier. "Je demande au peuple grec de voter oui, quelle que soit la question." Il a accusé le gouvernement grec d'avoir quitté la table des négociations samedi avant que les pourparlers ne soient finalisés et d'avoir présenté une version dépassée du projet. "Nous avons véritablement déplacé des montagnes jusqu'à la dernière minute, jusqu'à ce que les négociateurs grecs quittent la table des négociations", a ajouté Jean-Claude Juncker qui s'est dit "trahi" par le Premier ministre Alexis Tsipras. "Après des mois de discussions, nous étions déterminés à trouver un accord, mais cette volonté a été brisée par la volonté de faire campagne du gouvernement grec, et, surtout, en ne disant pas toute la vérité", a-t-il ajouté. Le président de la Commission s'est toutefois dit prêt à reprendre les pourparlers avant le référendum de dimanche et à convoquer pour cela les dirigeants de la zone euro. Mais il n'y a aura pas de nouvelle proposition, a-t-il dit en insistant sur le fait que le gouvernement grec a présenté au parlement le projet d'accord tel qu'il était jeudi soir, sans tenir compte des progrès réalisés dans les deux jours suivants. "Tous les éléments d'un accord crédible et global étaient sur la table", a dit le président de la Commission en estimant qu'il assurait la "justice sociale". "DIRE LA VERITÉ" Le dernier "paquet" prévoyait ainsi selon lui 12 milliards d'euros d'économies de moins qu'initialement prévu et aucune baisse des salaires ou des retraites, contrairement à ce que prétend le Premier ministre grec. Les créanciers suggéraient aussi une remise en cause des niches fiscales pour les plus riches, dont les armateurs, et une lutte accrue contre la corruption, a dit Jean-Claude Juncker. "Encore une fois, c'est nous qui avons insisté sur ces différents éléments et nos propositions d'assistance technique n'ont pas été accueillies favorablement", a-t-il poursuivi. La TVA sur l'hôtellerie, qui était à 23% dans le projet d'accord de jeudi, n'était plus qu'à 13% samedi mais cela n'a pas pu être acté en l'absence des négociateurs grecs. De même, l'Eurogroupe était prêt à parler de mesures d'allègement de la dette, une des principales revendications d'Alexis Tsipras, qui seraient intervenues dès cet automne quand Athènes a rompu les pourparlers. Cette attaque en règle contre le gouvernement grec accusé de mensonge - "je crois que le gouvernement grec sait tout cela et qu'il serait avisé de dire la vérité au peuple grec" - doublée d'un appel au peuple grec fait monter les enchères. Si les Grecs acceptent l'offre des créanciers, Alexis Tsipras sera désavoué et il lui sera difficile de rester à son poste, ouvrant la voie à de nouvelles élections. Jean-Claude Juncker, vétéran depuis 1984 des crises européennes, a le soutien des autres pays de la zone euro pour refuser de nouvelles concessions. François Hollande a dit lundi croire encore en la possibilité d'un accord entre la Grèce et ses créanciers, tout en insistant sur le fait que la balle était dans son camp, comme l'a fait la chancelière allemande Angela Merkel. ID:nL5N0ZF0IQ Le président de la Commission s'est déclaré certain que la Grèce resterait dans l'euro parce que, a-t-il dit, il ne veut pas voir "Platon jouer en deuxième division". (Yves Clarisse et Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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