Juncker exhorte les Grecs à dire "oui" à l'offre des créanciers

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JEAN-CLAUDE JUNCKER INVITE LES GRECS À ACCEPTER LES PROPOSITIONS DES CRÉANCIERS
JEAN-CLAUDE JUNCKER INVITE LES GRECS À ACCEPTER LES PROPOSITIONS DES CRÉANCIERS

BRUXELLES (Reuters) - Le président de la Commission européenne a exhorté lundi les citoyens grecs à mesurer l'importance des concessions faites par leurs créanciers et à approuver lors du référendum de dimanche le projet d'accord que leur gouvernement a rejeté.

"Il ne faut pas se suicider parce qu'on a peur de la mort", a dit Jean-Claude Juncker lors d'une conférence de presse après l'échec des négociations samedi dernier. "Je demande au peuple grec de voter oui, quelle que soit la question."

Il a accusé le gouvernement grec d'avoir quitté la table des négociations samedi avant que les pourparlers ne soient finalisés et d'avoir présenté une version dépassée du projet.

"Nous avons véritablement déplacé des montagnes jusqu'à la dernière minute, jusqu'à ce que les négociateurs grecs quittent la table des négociations", a ajouté Jean-Claude Juncker qui s'est dit "trahi" par le Premier ministre Alexis Tsipras.

"Après des mois de discussions, nous étions déterminés à trouver un accord, mais cette volonté a été brisée par la volonté de faire campagne du gouvernement grec, et, surtout, en ne disant pas toute la vérité", a-t-il ajouté.

Le président de la Commission s'est toutefois dit prêt à reprendre les pourparlers avant le référendum de dimanche et à convoquer pour cela les dirigeants de la zone euro.

Mais il n'y a aura pas de nouvelle proposition, a-t-il dit en insistant sur le fait que le gouvernement grec a présenté au parlement le projet d'accord tel qu'il était jeudi soir, sans tenir compte des progrès réalisés dans les deux jours suivants.

"Tous les éléments d'un accord crédible et global étaient sur la table", a dit le président de la Commission en estimant qu'il assurait la "justice sociale".

"DIRE LA VÉRITÉ"

Le dernier "paquet" prévoyait ainsi selon lui 12 milliards d'euros d'économies de moins qu'initialement prévu et aucune baisse des salaires ou des retraites, contrairement à ce que prétend le Premier ministre grec.

Les créanciers suggéraient aussi une remise en cause des niches fiscales pour les plus riches, dont les armateurs, et une lutte accrue contre la corruption, a dit Jean-Claude Juncker.

"Encore une fois, c'est nous qui avons insisté sur ces différents éléments et nos propositions d'assistance technique n'ont pas été accueillies favorablement", a-t-il poursuivi.

La TVA sur l'hôtellerie, qui était à 23% dans le projet d'accord de jeudi, n'était plus qu'à 13% samedi mais cela n'a pas pu être acté en l'absence des négociateurs grecs.

De même, l'Eurogroupe était prêt à parler de mesures d'allègement de la dette, une des principales revendications d'Alexis Tsipras, qui seraient intervenues dès cet automne quand Athènes a rompu les pourparlers.

Cette attaque en règle contre le gouvernement grec accusé de mensonge - "je crois que le gouvernement grec sait tout cela et qu'il serait avisé de dire la vérité au peuple grec" - doublée d'un appel au peuple grec fait monter les enchères.

Si les Grecs acceptent l'offre des créanciers, Alexis Tsipras sera désavoué et il lui sera difficile de rester à son poste, ouvrant la voie à de nouvelles élections.

Jean-Claude Juncker, vétéran depuis 1984 des crises européennes, a le soutien des autres pays de la zone euro pour refuser de nouvelles concessions.

François Hollande a dit lundi croire encore en la possibilité d'un accord entre la Grèce et ses créanciers, tout en insistant sur le fait que la balle était dans son camp, comme l'a fait la chancelière allemande Angela Merkel.

Le président de la Commission s'est déclaré certain que la Grèce resterait dans l'euro parce que, a-t-il dit, il ne veut pas voir "Platon jouer en deuxième division".

(Yves Clarisse et Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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  • clebs93 le lundi 29 juin 2015 à 23:30

    En ce moment, je pense à Mélina Mercouri :https://www.youtube.com/watch?v=RGLaWIEVbDE

  • ZvR le lundi 29 juin 2015 à 16:29

    @ppsoft, c'est méchant pour palpatine de le mettre sur le même niveau qu'un magouilleur tel juncker

  • bibas1 le lundi 29 juin 2015 à 16:04

    Tout à fait M82240075 ! Si Mr Juncker avait encore un tout petit peu d'amour propre, il se tairait. Ceci dit, de tel propos venant d'une personne parvenue, non élue,et dont le tout récent passé étant de notoriété publique, ne sont pas crédibles et discréditent encore un peu plus cette UE et ses oligarques. Ce n'est donc pas un mal pour le choix du peuple grec. Finalement, mieux vaut que de telles paroles sortent de sa bouche plutôt qu'un d'un équivalent De Gaulle.

  • clebs93 le lundi 29 juin 2015 à 15:38

    Ce petit jeu politicien, qui consiste à faire porter la responsabilité sur Tsipras, en faisant croire qu'il y avait des nouvelles propositions plus acceptables, est minable. La troïka européenne a peut-être (c'est à vérifier) renoncé à exiger que les retraités grecs soient saignés à blanc, mais en échange elle exigeait que l'âge de la retraite soit reculé de 5 ans. Autrement dit, comme en France, les travailleurs âgés et fatigués ne la verront jamais, la retraite.

  • ZvR le lundi 29 juin 2015 à 15:00

    Quelles sont les mesures d'austérité mises en place à l'encontre de draghi pour son rôle dans le trucage des comptes grecs?

  • M8224075 le lundi 29 juin 2015 à 14:59

    Après avoir transformé son pays en paradis fiscal, ce triste sire ose donner des leçons de morale ?? Les c... ça ose décidément tout.

  • azqsdwxc le lundi 29 juin 2015 à 14:58

    "Je demande au peuple grec de voter oui, quelle que soit la question." Espérons que la question sera : "Souhaitez-vous sortir de la zone Euro ?"

  • ppsoft le lundi 29 juin 2015 à 14:58

    Junker est clairement l'équivalent de Palpatine.

  • azqsdwxc le lundi 29 juin 2015 à 14:57

    "Je demande au peuple grec de voter oui, quelle que soit la question." Espérons que la question sera : "Souhaitez-vous rester dans la zone Euro ?"

  • M2061328 le lundi 29 juin 2015 à 14:57

    JE verrai bien derrière une sortie de la Gréce, la déclassification de "secret" du dossier de la dette grecque, suivi d'un éclatement de l'euro, et la faillite de la machine à brûler des milliards - un euroDM à 1.60/1.70 $ de parité et adieu les 50 % d'exportations allemandes au sein de l'ex zone euro, qui lui donne une position lui permettant d'en imposer à tout le monde, et de faire oublier l'histoire et l'histoire aussi de la dette allemande