Juncker défend sa candidature à la tête de la Commission

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JEAN-CLAUDE JUNCKER DÉFEND SA CANDIDATURE À LA TÊTE DE LA COMMISSION
JEAN-CLAUDE JUNCKER DÉFEND SA CANDIDATURE À LA TÊTE DE LA COMMISSION

par Luke Baker et Jan Strupczewski

BRUXELLES (Reuters) - A peine connus les premiers résultats des élections européennes, la bataille pour la présidence de la Commission européenne a démarré, Jean-Claude Juncker revendiquant le poste en raison de la victoire du PPE (centre droit) dont il était la tête de liste.

L'ancien Premier ministre luxembourgeois, jugé trop fédéraliste par plusieurs pays membres à commencer par le Royaume-Uni, a repoussé lundi les interrogations suscitées par sa candidature, estimant que la fonction de président de la Commission lui revenait.

Même s'il est en pole position, Jean-Claude Juncker devra commencer par être choisi par les vingt-huit chefs d'Etat et de gouvernement, qui se retrouveront mardi à Bruxelles pour tirer les conclusions du scrutin. Il lui faudra ensuite obtenir l'aval de la majorité des parlementaires européens, soit 376 voix sur 751.

Le PPE (Parti populaire européen) a obtenu 214 élus au Parlement européen, contre 189 aux sociaux-démocrates, représentés par l'Allemand Martin Schulz.

Jean-Claude Juncker exclut de travailler avec les partis europhobes ou protestataires et cherchera à s'assurer du soutien des partis pro-européens, socialistes, libéraux et écologistes. Mais les tractations devraient prendre du temps et rien ne devrait se dessiner clairement avant la mi-juin.

Dans l'intervalle, l'ancien Premier ministre luxembourgeois devra dissiper les critiques de ses adversaires sur sa capacité à tenir le poste très exposé de chef de l'exécutif bruxellois, dans l'attente du verdict de grands pays comme l'Allemagne, la France ou le Royaume-Uni sur sa candidature.

Le mandat de l'actuel président de la Commission, José Manuel Barroso, s'achèvera fin octobre.

"JE NE SUIS PAS À GENOUX"

En vertu des règles de l'UE, les dirigeants doivent s'entendre à une majorité qualifiée, pondérée par le poids respectif de chaque pays, sur leur candidat au poste de président de la Commission. Ce qui signifie en pratique que si la Grande-Bretagne et plusieurs autres pays s'opposent à la candidature de Jean-Claude Juncker, ce dernier pourrait être recalé.

Durant une conférence de presse de 30 minutes au siège du PPE à Bruxelles, Jean-Claude Juncker s'est montré parfois agacé au sujet des réticences britanniques, disant avoir répondu "des milliers de fois" à cette question.

"Je m'en fiche", a-t-il ajouté. "Je ne suis pas à genoux, j'ai gagné les élections."

Mais l'ex-président de l'Eurogroupe a aussi fait preuve de son habituel humour pince-sans-rire - "je ne suis pas un vieil homme fatigué" - tout en jonglant entre trois langues, français, allemand, anglais.

Prié de dire s'il avait le soutien de la chancelière Angela Merkel, il a affirmé que la position de la chancelière en sa faveur était "très claire". "Vous ne le croyez pas, mais c'est un fait", a-t-il dit.

Sur le même sujet, la chancelière s'est montrée prudente lundi lors d'une conférence de presse à Berlin, refusant de préjuger du résultat des discussions entre pays membres.

"Nous allons engager le débat en présentant Jean-Claude Juncker comme notre candidat", a-t-elle dit. "La question principale est de savoir quel groupe est arrivé en tête. Mais nous savons aussi qu'aucun des deux grands groupes ne peut décider seul du nom du président de la Commission. Il faudra donc des discussions intensives et celles-ci n'ont pas encore commencé", a-t-elle souligné.

Le président du SPD et vice-chancelier Sigmar Gabriel, qui s'exprimait aussi devant la presse, a montré que son parti n'était pas prêt à céder pour l'instant un pouce de terrain dans la bataille pour la présidence de la Commission.

Alors que le PPE compte 25 élus de plus que les socialistes, Sigmar Gabriel a appelé le groupe de centre droit à mettre fin à sa coopération avec les conservateurs hongrois du Fidesz et le parti Forza Italia de Silvio Berlusconi. "Ce serait une erreur que de confier le sort de l'Union européenne à ces deux formations", a-t-il dit.

Lorsque Juncker, 59 ans, a été nommé tête de liste du PPE, ses adversaires ont exprimé leur surprise, estimant qu'il ferait un meilleur président du Conseil européen, poste actuellement occupé par Herman Van Rompuy, grâce à sa longue expérience des tractations entre dirigeants européens.

"J'ai fait campagne pour la présidence de la Commission européenne", rétorque l'ancien Premier ministre. "Beaucoup d'autres voudraient me voir changer d'avis, mais je ne le ferai pas."

(Jean-Stéphane Brosse pour le service français, édité par Marc Angrand)

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  • aiki41 le lundi 26 mai 2014 à 16:50

    Quand la place est bonne, toutes les manœuvres sont bonnes.

  • aiki41 le lundi 26 mai 2014 à 16:48

    De toute manière, tout cela reste du pipo puisque qu'ils peuvent élire le président du Conseil sans tenir compte des résultats des élections. C'est la démocratie à l'Européenne, Europe donneuse de leçons sur la démocratie