Juncker défend les négociations d'adhésion avec la Turquie

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 (Ajoute réaction de Jean-Claude Juncker) 
    BERLIN, 4 août (Reuters) - Le président de la Commission 
européenne, Jean-Claude Juncker, a estimé jeudi qu'il serait 
contre-productif d'arrêter les négociations d'adhésion de la 
Turquie à l'Union européenne, rejetant une proposition de 
l'Autriche de geler la procédure. 
    "La Turquie dans son état actuel ne peut pas devenir membre 
de l'Union européenne, en particulier si elle fait ce que 
certains réclament à savoir le rétablissement de la peine de 
mort", a-t-il déclaré sur la radio publique allemande ARD. 
    "Je ne pense pas que cela serait utile de dire 
unilatéralement à la Turquie que les discussions sont 
terminées", a toutefois remarqué le chef de l'exécutif européen. 
    Le chancelier autrichien Christian Kern a déclaré mercredi 
soir qu'il comptait débattre avec ses homologues européens de 
l'intérêt de poursuivre les discussions d'adhésion avec la 
Turquie en raison des déficiences démocratiques et économiques 
du pays.  
    Les Européens se sont inquiétés à plusieurs reprises de la 
répression lancée par le président turc Recep Tayyip Erdogan 
après le coup d'Etat manqué du 15 juillet, en particulier au 
sujet d'un possible rétablissement de la peine de mort qui 
constituerait un motif de rupture de ces discussions.  
    Dans une interview à la chaîne de télévision ÖRT, le 
dirigeant social-démocrate autrichien est allé plus loin en 
estimant que les Européens seraient "tous bien avisés de dire 
maintenant: on appuie sur le bouton de réinitialisation", 
qualifiant les discussions en vue d'une adhésion d'Ankara de 
"fiction diplomatique".  
    "Nous savons que les normes démocratiques sont clairement 
insuffisantes pour justifier une accession (de la Turquie) (...) 
La question économique est au moins aussi importante parce que 
l'économie turque est trop loin de la moyenne européenne." 
    Prié de dire si l'Autriche pourrait présenter une 
proposition visant à rompre les discussions d'adhésion lors du 
Conseil européen du 16 septembre, Christian Kern a déclaré que 
l'Autriche comptait "lancer la discussion". "Nous réclamerons 
une idée alternative", a-t-il ajouté.  
    Le ministre turc des Affaires européennes, Omer Celik, a 
réagi jeudi en se disant troublé par la proximité entre les 
propos tenus par le chancelier autrichien et les positions de 
l'extrême droite.  
    "Il est troublant que ses déclarations soient similaires à 
celles de l'extrême droite", a-t-il dit à la presse à Ankara. 
    "La critique est assurément un droit démocratique, mais il 
doit y avoir une différence entre critiquer la Turquie et être 
contre la Turquie", a ajouté Omer Celik. 
 
 (Joseph Nasr; Henri-Pierre André et Laura Martin pour le 
service français, édité par Jean-Stéphane Brosse) 
 
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