Juncker défend farouchement le maintien de la Grèce dans l'euro

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Juncker défend farouchement le maintien de la Grèce dans l'euro
Juncker défend farouchement le maintien de la Grèce dans l'euro

par Jan Strupczewski et Valentina Za

BRUXELLES (Reuters) - Le président de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker s'en est pris lundi aux responsables évoquant de plus en plus ouvertement une sortie de la Grèce de la zone euro, en estimant que l'hypothèse relevait de la "propagande" et du "non-sens".

Au terme d'une réunion des ministres des Finances de la zone euro, Jean-Claude Juncker s'est dit fermement opposé à cette idée, tout en rappelant Athènes à ses engagements.

Si la Grèce se dote d'un gouvernement et que ce gouvernement confirme la mise en oeuvre du programme d'austérité réclamé par ses créanciers internationaux, certains objectifs de ce programme pourraient être adoucis, a ajouté le Premier ministre luxembourgeois.

La Grèce est plongée dans la crise politique depuis les législatives du 6 mai, qui n'ont pas donné de majorité absolue aux deux grands partis signataires du mémorandum d'austérité, les conservateurs de Nouvelle Démocratie et les socialistes du Pasok. La Gauche radicale Syriza, arrivée deuxième du vote, refuse de rejoindre une coalition soutenant l'austérité, tout en disant vouloir le maintien d'Athènes dans l'eurozone.

Le président grec Karolos Papoulias a proposé lundi la formation d'un gouvernement de technocrates, mais Syriza a rejeté par avance l'hypothèse et beaucoup d'observateurs parient sur de nouvelles élections dès le mois prochain.

"Je n'envisage même pas une seconde une sortie de la Grèce de la zone euro. C'est un non-sens, c'est de la propagande", a déclaré Jean-Claude Juncker au cours d'une conférence de presse, fustigeant ceux qui menacent la Grèce d'une expulsion.

Au cours du week-end, deux responsables de la Banque centrale européenne, Luc Coene et Patrick Honohan, ont ouvertement évoqué la possibilité de voir la Grèce abandonner la monnaie unique et ils en ont conclu que cette hypothèse ne serait pas fatale pour la zone euro.

Mais les Européens ont aussi de bonnes raisons de maintenir Athènes à flot, à commencer par le fait que la BCE et les pays membres de la zone euro sont les principaux détenteurs de la dette grecque, qui serait effacée en cas de faillite.

UNE VOLONTÉ "INÉBRANLABLE"

"Notre volonté la plus inébranlable, c'est de maintenir la Grèce dans la zone euro", a déclaré Jean-Claude Juncker. "Nous ferons tout ce qui est possible pour arriver à cette fin."

"La sortie de la Grèce de l'euro n'a pas été l'objet de notre débat aujourd'hui. Personne, absolument personne, n'a abondé dans ce sens", a-t-il assuré.

"Les Européens sont tout à fait conscients des efforts déjà consentis par les citoyens grecs. Ce n'est pas le moment de relâcher les efforts de réforme. Au contraire, la poursuite des réformes budgétaires et structurelles sont les meilleures garanties pour la Grèce d'un avenir plus prospère dans la zone euro."

"Mais l'opinion grecque, les citoyens grecs, doivent comprendre que nous avons convenu d'un programme et que ce programme doit être appliqué", a-t-il poursuivi.

Le président de l'Eurogroupe a laissé miroiter quelques concessions au cas où la situation politique s'éclaircirait en Grèce.

Même si les responsables européens soulignent que la marge de renégociation du plan d'aide -le deuxième depuis 2010- de 130 milliards d'euros est très réduite, Jean-Claude Juncker a déclaré qu'il pourrait y avoir débat sur le prolongement de la période donnée à Athènes pour réaliser ses objectifs.

"Je n'ai pas dit qu'il y avait une quelconque intention d'étendre cette période, nous devons faire les choses dans l'ordre", a-t-il dit, rappelant les conditions posées par l'UE:

"Il nous faut un gouvernement grec. Le gouvernement grec doit clairement s'engager en faveur du programme. Puis, dans des circonstances exceptionnelles, nous n'exclurions pas la possibilité de débattre de cette question."

"Nous n'en avons pas discuté aujourd'hui parce que les deux autres conditions ne sont pas remplies: il n'y pas de gouvernement grec et il n'y a pas de circonstance particulière. De toute façon, cela n'impliquerait pas un changement important."

Nicolas Delame et Jean-Stéphane Brosse pour le service français

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