Juncker critique la réponse européenne aux naufrages de migrants

le , mis à jour à 17:14
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JEAN-CLAUDE JUNCKER SE DIT DÉÇU PAR LES MESURES EUROPÉENNES FACE AUX NAUFRAGES EN MÉDITERRANÉE
JEAN-CLAUDE JUNCKER SE DIT DÉÇU PAR LES MESURES EUROPÉENNES FACE AUX NAUFRAGES EN MÉDITERRANÉE

STRASBOURG (Reuters) - Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, s'est dit mercredi déçu par les conclusions du sommet européen consacré aux migrations en Méditerranée et a affirmé sa volonté de remettre ses propositions sur la table.

Réunis pour un conseil extraordinaire jeudi dernier à Bruxelles, moins d'une semaine après un nouveau naufrage qui a fait jusqu'à 900 morts au large des côtes libyennes, les Vingt-huit ont décidé de tripler les moyens de la mission Triton qui assure une surveillance des côtes européennes de la Méditerranée.

Son budget atteindra 120 millions d'euros, soit le niveau de Mare Nostrum, opération purement italienne à laquelle a succédé Triton, et le mandat actuel permet déjà aux navires européens d'intervenir dans les eaux internationales, a précisé Jean-Claude Juncker.

"La réponse du conseil européen a été immédiate mais elle reste insuffisante", a-t-il ajouté, lors d'un débat devant le Parlement européen à Strasbourg.

"Il ne suffit pas de combattre les symptômes de la crise. Il est essentiel de tout faire pour éviter que des gens malheureux doivent prendre le bateau. Il faut à tout prix que les Etats membres augmentent leur aide au développement", a-t-il poursuivi.

Le président de la Commission a jugé "nécessaire" de revenir sur deux sujets sur lesquels les chefs d'Etat et de gouvernement n'ont pu se mettre d'accord, celui de la répartition de la charge des demandeurs d'asile et celui de l'ouverture des frontières à une immigration légale.

En vertu du règlement européen dit Dublin II, les demandeurs d'asile sont pris en charge par l'Etat qui leur a servi de porte d'entrée dans l'UE, une règle qui fait peser une charge excessive sur des pays comme l'Italie ou la Grèce.

Jean-Claude Juncker plaide pour la mise en place de quotas par pays.

"On ne peut pas laisser aux seuls soins des seuls Etats membres directement concernés la gestion de la relocalisation des réfugiés. Il s'agit de solidarité partagée", a-t-il dit.

L'ancien Premier ministre luxembourgeois a également estimé que l'UE devait "en toute urgence" mettre en place une politique d'immigration légale.

"Si nous n'ouvrons pas, ne fut-ce qu'à moitié, la porte d'entrée, il ne faut pas être surpris lorsque des malheureux de la planète entière entrent par effraction par la fenêtre", a-t-il déclaré.

Applaudie par la gauche et le centre de l'hémicycle, cette dernière proposition a été critiquée à droite, y compris au sein de son propre groupe politique, le Parti populaire européen.

"Quiconque affirme que nous allons ouvrir les portes du marché du travail à la migration légale et que c'est une façon de mettre un terme à la misère en Méditerranée se leurre", a dit le président du groupe PPE au Parlement européen, l'Allemand Manfred Weber.

"Si nous ouvrons l'immigration légale, nous allons susciter l'espoir pour des millions d'autres Africains et créer un appel d'air. Un jeune sur cinq, sur notre continent, n'a pas de travail", a-t-il ajouté.

(Gilbert Reilhac, édité par Sophie Louet)

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  • M7403983 le mercredi 29 avr 2015 à 17:27

    Bien vu Aston54 Je me souviens effectivement de la mémorable passe d'armes entre Mme Reading et le président Sarkozy en 2010 .... Cela valait son pesant d'or si je puis m'exprimer ainsi !

  • M7097610 le mercredi 29 avr 2015 à 17:16

    L"autriche va voter pour sortir de l'europe...on va rigoler !

  • pierry5 le mercredi 29 avr 2015 à 16:42

    Aucune chance pour le Luxembourg, c'est super cloisonné, les autres pays devrait aller voir la bas pour s'en inspirer.

  • M940878 le mercredi 29 avr 2015 à 16:40

    on envoie tous les migrants au Luxembourg ?