Juncker choqué par les propos du commissaire Oettinger

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    BRUXELLES, 5 novembre (Reuters) - Jean-Claude Juncker 
déplore dans une interview publiée samedi par le quotidien Le 
Soir les propos du commissaire européen Günther Oettinger qui 
ont offensé la Chine, les homosexuels et les Wallons mais le 
président de la Commission européenne se dit convaincu que cette 
sortie n'était pas représentative de sa pensée. 
    Le commissaire allemand chargé de l'Economie et de la 
Société numérique, et qui doit être promu vice-président chargé 
du Budget en début d'année prochaine, a fini par présenter jeudi 
ses excuses pour ses déclarations faites le mois dernier à 
Hambourg. 
    Devant un parterre d'hommes d'affaires, il avait utilisé le 
terme "bridés" pour parler des Chinois, ironisé sur le "mariage 
homosexuel obligatoire" et moqué les réticences de l'exécutif de 
la région wallonne face au CETA, le traité commercial entre 
l'Union européenne et le Canada.   
    "Un commissaire ne peut tenir de propos pareils", déclare 
Jean-Claude Juncker dans sa première interview consacrée à 
l'affaire Oettinger - la rédaction du quotidien belge précise 
qu'elle n'a pas sollicité cet entretien mais que le président de 
la Commission européenne lui-même a souhaité la rencontrer. 
    "Je lui ai dit qu'il doit s'excuser auprès de ceux qui ont 
pu se sentir visés", poursuit Juncker, ajoutant que dans sa 
conception du travail réalisé à Bruxelles, "les commissaires 
devraient s'en tenir dans leurs propos publics aux problèmes qui 
touchent à leur portefeuille, et ne pas donner libre cours à 
toutes sortes d'inspirations hasardeuses". 
    L'ancien Premier ministre luxembourgeois ajoute qu'il n'a 
pris connaissance que mercredi soir des propos tenus par son 
commissaire allemand, qu'il qualifie de "maladresse". 
    "Je pense sincèrement que ses propos n'ont pas traduit sa 
pensée. C'est un homme libéral sur les questions sociétales, et 
j'ai donc été surpris par ses propos", continue Juncker.   
    L'affaire Oettinger est une pierre de plus dans le jardin de 
l'Union européenne en général et de la Commission européenne en 
particulier, en proie à des critiques de plus en plus vives. 
    En début de semaine déjà, des voix se sont élevées contre 
l'avis du comité d'éthique de l'exécutif de l'UE qui a jugé que, 
même s'il n'avait pas fait preuve d'un "bon jugement", José 
Manuel Barroso n'avait violé aucune règle en rejoignant la 
banque d'affaires américaine Goldman Sachs après son départ de 
la présidence de la Commission.   
    Interrogé sur ce dossier, Juncker précise qu'"(il)(se)refuse 
d'agir et réagir au tempo dicté par la presse" mais "tire une 
conclusion du rapport du comité d'éthique: il faut changer le 
code éthique".  
    "Je proposerai au collège des commissaires d'allonger la 
période de latence pour la faire passer de 18 mois à 3 ans pour 
le président de la Commission", ajoute-t-il, évoquant le laps de 
temps pendant lequel un ex-membre de la Commission ne peut 
accepter un travail lié à des dossiers sur lesquels il a 
travaillé à Bruxelles.  
    "J'ai peut-être attendu trop longtemps pour dire ce que j'en 
pensais moralement. L'important est que je tire les conséquences 
pour moi-même de l'événement. Mais j'ai un peu de mal à accepter 
qu'on critique ma Commission de toutes les responsabilités des 
comportements précédents", dit encore Juncker. 
 
 (Alissa de Carbonnel; Henri-Pierre André pour le service 
français) 
 
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  • brinon1 il y a un mois

    3 ans, insuffisant, 5 ans serait plus adéquat.