Juncker appelle la France à présenter un front uni sur l'Europe

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    PARIS, 20 mai (Reuters) - Le président de la Commission 
européenne exhorte les principales forces politiques françaises 
à présenter un front uni sur l'avenir de l'UE face au risque de 
"désertion" du Royaume-Uni, qui ne sera pas "accueilli à bras 
ouverts" en cas de Brexit. 
    Jean-Claude Juncker estime dans une interview publiée 
vendredi par Le Monde que le référendum britannique organisé le 
23 juin aura des conséquences importantes pour le Royaume-Uni 
mais aussi pour ses partenaires européens. 
    "Je suis sûr que les 'déserteurs' ne seront pas accueillis à 
bras ouverts", déclare-t-il. "Si les Britanniques devaient dire 
'non', ce que je n'espère pas, la vie communautaire ne 
continuera pas comme avant. Le Royaume-Uni devra accepter d'être 
considéré comme un Etat tiers, que l'on ne caressera pas dans le 
sens du poil. Si les Britanniques quittent l'Europe, il faudra 
en tirer les conclusions, nous comme eux." 
    Pour l'ancien Premier ministre luxembourgeois, François 
Hollande et Angela Merkel, qui aborderont ce dossier lors d'un 
déjeuner de travail en marge des cérémonies du 29 mai à Verdun, 
devraient réagir, ce qu'ils ont d'ailleurs promis de faire en 
cas de Brexit. 
    Mais il souligne à mots couverts que le couple 
franco-allemand n'est pas au mieux de sa forme en ce moment. 
    "Je suis habitué aux crises franco-allemandes, et le moteur 
ne me semble pas en crise actuellement. Mais un couple a parfois 
des difficultés à s'entendre", explique-t-il. 
    Les propositions fleurissent en ce moment sur ce qu'il 
faudra faire en cas de Brexit, voire même de maintien du 
Royaume-Uni dans l'Union européenne qui obligera ses partenaires 
à ouvrir une longue négociation pour mettre en oeuvre les 
concessions prévues pour obtenir un "oui". 
    L'une de ces propositions est de refonder l'Europe à partir 
du noyau originel des six Etats membres fondateurs, ce que 
Jean-Claude Juncker considère avec scepticisme - "entre les Six, 
l'identité de vue n'est plus intégrale", dit-il. 
    "Ceci dit, si une grande initiative est lancée par un des 
grands Etats, la Commission sera partie prenante", ajoute-t-il 
en demandant à la France de prendre ses responsabilités. 
    "J'aime trop la France pour ne pas voir ses faiblesses, mais 
elle serait bien placée pour ramener l'Europe à l'essentiel. En 
revigorant la dimension de solidarité et en développant un 
discours sur la nécessité de l'assainissement des finances 
publiques, sans perdre de vue le triangle vertueux : 
assainissement budgétaire, réformes structurelles et 
investissements", explique-t-il au Monde. 
    "Je souhaiterais que, sur l'Europe, il y ait une plus large 
entente entre les principales forces politiques de l'Hexagone. 
La France, qui aime à se diviser sur tout, devrait éviter de le 
faire sur l'Europe", poursuit-il. "Elle a un discours à porter, 
un message à livrer, une certaine idée de l'Europe à défendre. 
Si un message cohérent venait d'elle, cela aurait un effet 
important face au discours britannique."   
 
 (Yves Clarisse, édité par Elizabeth Pineau) 
 
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