Julien Duvivier, virtuose du mal et de la souffrance

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Jean Gabin et Viviane Romance dans « La Belle Equipe ».
Jean Gabin et Viviane Romance dans « La Belle Equipe ».

Quatre rééditions et une rétrospective Jean Gabin à la Cinémathèque, à Paris, remettent le réalisateur à sa juste place.

Julien Duvivier est mort dans la soirée du 29 octobre 1967, au volant de sa voiture, qui en a heurté une autre, conduite par un ministre de la Ve République, Maurice Schumann. Ce n’est pas l’accident qui a tué le cinéaste, son cœur a lâché. La métaphore mérite d’être filée : le cinéma de Duvivier ne peut se réduire à l’apparence de la chronique noire du monde, il est aussi agité par les soubresauts d’un cœur qui souffre. Tant de ses films semblent marcher au pas de l’histoire : David Golder (1931), financier juif frappé par la Grande Dépression, sauvé ou presque par l’expansion pétrolière ; les cinq copains de La Belle Equipe (1936), qui pourraient marcher en tête d’un cortège du Front populaire ; ou le Monsieur Hire de Panique (1946), incarnation de la mauvaise conscience française au sortir de l’Occupation.

Mais, à voir les quatre films qui ressortent en salles jusqu’au 20 avril – Panique, La Belle Equipe, Voici le temps des assassins, La Fin du jour – ou ceux tournés par Jean Gabin sous la direction de Duvivier, dans le cadre de la rétrospective que la Cinémathèque, à Paris, consacre à l’acteur, on se dit qu’il en est allé de la vie du cinéaste comme de sa mort. Les malheurs qui, dans ses films, frappent l’humanité grouillante du XXe siècle sont l’expression d’un mal intime, d’une angoisse secrète.

Ce qui saute aux yeux, prend à la gorge quand on voit les films de Duvivier, c’est la force du mal. Le mensonge, la cupidité, la jalousie œuvrent sans repos. Au point que l’...

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