Julien Benneteau : " Je savais vendredi que j'allais jouer "

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Julien Benneteau : " Je savais vendredi que j'allais jouer "
Julien Benneteau : " Je savais vendredi que j'allais jouer "
A l'issue du double perdu contre la paire Federer-Wawrinka, Julien Benneteau et Richard Gasquet ont reconnu qu'ils étaient tombés sur plus fort. Benneteau affirme également qu'il savait dès vendredi que Jo-Wilfried Tsonga ne jouerait pas le double.

Julien Benneteau, à la fin du deuxième set, avez-vous envisagé de faire quelque chose de différent pour essayer de casser le rythme des Suisses ?
Oui, à la fin du deuxième set, pour les breaker. On était très près de les breaker. Il ne fallait pas à ce moment-là changer beaucoup de choses. Il fallait juste mettre les pièces du puzzle les unes dans les autres. En retour, nous avons été meilleurs mais ils étaient très bons à la volée. Notre deuxième coup aurait dû être meilleur. La clé est qu'on aurait dû faire mieux ensemble au même moment. C'était vraiment dur de perdre ce deuxième set parce qu'on avait vraiment le sentiment qu'on n'aurait pu le gagner. Si ça avait fait un set partout, cela aurait été peut-être différent mais ça ne s'est pas passé comme ça parce qu'ils ont été très solides. Ils ont vraiment joué du bon tennis pendant l'ensemble des trois sets.

Pouvez-vous nous dire quelle a été la perspective de l'équipe pour décider de ceux qui allaient jouer le double aujourd'hui ? Le capitaine a décidé qui allait jouer aujourd'hui, quel a été le raisonnement ?
C'est ce que l'on avait décidé depuis le début, c'est ce qui s'est passé.

Avez-vous été surpris de voir Roger et Stan sur le court ?
Non. Hier soir, vu la façon dont il a joué notamment dans le troisième set, nous avons bien eu le sentiment qu'il se sentait de mieux en mieux et qu'il était en bonne forme. S'il était en bonne forme, il n'y avait aucune raison pour qu'il ne soit pas sur le court aujourd'hui, c'est ce qu'il s'est produit.

Richard, vous n'avez pas joué en double très souvent avec Julien, notamment récemment. Comment avez-vous travaillé sur un certain nombre de choses pendant les semaines de préparation ?
Ce n'est jamais facile mais nous avons joué aux Jeux Olympiques ensemble et des tournois. Ce n'est pas la raison pour laquelle nous avons perdu. Nous avons fait de notre mieux. Ce n'est pas parce que nous n'avons pas joué souvent ensemble que nous avons perdu.

Julien, saviez-vous vendredi soir que vous alliez jouer samedi ?
Oui.

Savez-vous qui va jouer dimanche ?
Pas encore. En fait, on a une petite idée de qui va jouer demain, bien sûr.

« Il se pourrait que demain soit le plus beau jour du tennis français »

Julien, pensez-vous que cette défaite en double est décisive dans cette rencontre ?
On savait que le double était important notamment en finale. Bien sûr, cela fait 2-1 pour eux maintenant mais ce n'est pas terminé. Il faut se ressaisir pour que tout soit possible demain. Il se pourrait que demain soit le plus beau jour du tennis français. C'est avec cet état d'esprit qu'il faut l'aborder.

Richard, on ne vous a pas senti très à l'aise sur des coups. Comment avez-vous trouvé votre match ?
J'aurais pu mieux jouer. Je n'ai pas réussi à faire les balles de break au deuxième set. Le match n'était pas gagné mais cela nous mettait dans de bonnes dispositions, 5 balles de break dont 4 sur mon côté. Je pouvais faire mieux sur certaines. Je n'ai pas réussi un retour qui prend la bande mais ce n'est pas une raison. Je n'ai pas fait un match exceptionnel aujourd'hui, je suis déçu du match. Malgré cela, les autres ont très bien joué, ils sont très forts au service, au retour. Ils sont présents, ils ont fait des combinaisons, cela a été un gros match.

Richard, si vous êtes amené à jouer dimanche, ce match peut vous peser, comment vous sentez-vous ?
Je ne suis pas content du match. Il faut se relancer. À moi de le faire, si je suis amené à jouer demain.

Avez-vous l'impression que Federer est en train de monter en puissance et qu'il sera plus fort dimanche ?
Je ne sais pas. Il a fait un grand double aujourd'hui, il a été très fort et très solide sur tous les compartiments du jeu. De jour en jour, il va monter en puissance mais je n'en ai aucune idée. Il a fait un beau double aujourd'hui.

« Je n'ai jamais joué un double aussi fort »

Julien, vous n'avez pas joué hier mais vous avez senti que le public n'était pas complètement en mode « Coupe Davis ». Qu'avez-vous ressenti aujourd'hui ?
C'était exceptionnel aujourd'hui. Rien à dire. Dès l'échauffement de ce matin, il y avait une ferveur. Quand on est rentré sur le terrain, c'était exceptionnel. A chaque fois que nous avons eu besoin d'eux, ils ont été là. Les Suisses ont aussi fait beaucoup de bruit, mais c'est normal, ils ont deux joueurs qui ont fait une partie plus que très solide, une très belle partie. Ils méritent le soutien de leurs supporters. De notre côté, aujourd'hui, c'était très fort. J'espère que ce sera pareil demain.

On a vu Jo-Wilfried Tsonga pleurer pendant La Marseillaise, a-t-il été touché pendant la cérémonie parce qu'il devait renoncer à son double ?
Je n'étais pas loin de pleurer moi aussi pendant la cérémonie. C'était fort. Ce sont des moments assez forts dans une vie et une carrière d'avoir 27 000 personnes qui chantent avec vous votre hymne dans une salle de dingue. Les larmes peuvent s'expliquer sans qu'il y ait de lien avec une quelconque blessure ou un renoncement. Je jouais deux minutes après et je n'étais pas loin de pleurer ; les larmes étaient là.

Richard, on a eu parfois l'impression que vos coups ne sortaient pas, est-ce juste ?
Cela ne sort pas parce que les Suisses jouent très bien. C'est une première chose. Je n'ai jamais joué un double aussi fort. Les mecs en face ont été très solides dans tous les compartiments du jeu. On n'a pas réussi à se libérer sur une ou deux balles de break où je n'ai pas fait la différence. Une let, un retour que je rate... Sur des joueurs comme ceux-là, il faut être exceptionnel : être bon ne suffira pas. Les deux joueurs étaient à un très gros niveau. L'émotion était là. Le public était fabuleux. On a été très déçus de perdre en trois sets.

Julien, pouvez-vous juger votre performance du strict point de vue du double ?
Comme l'a dit Richard, ils ont été très solides. Roger a joué de manière incroyable. Leurs deuxièmes coups ont été percutants. Ils n'ont pas loupé. Ils ont une balle différente les deux, mais une qualité de balle exceptionnelle. Stan a été très bon au filet, il n'a pas beaucoup loupé. Nous, il aurait fallu qu'on mette plus de retours. Pour ma part, je trouve que je n'ai pas assez bien retourné, j'aurais pu faire mieux. Mais comme l'a dit Richard, on a joué deux serveurs exceptionnels : Stan balance à 210-220 km/h et Roger varie énormément. Ils font beaucoup de combinaisons. Ils ont été très forts là-dessus. En double, les choses peuvent s'imbriquer les unes derrière les autres. Il peut y avoir des retournements de situation. On a constamment cherché à le faire, au niveau de l'attitude et de la volonté. On ne s'est jamais lâché. Si le retour de Richard prend pas la let, cela fait break, le stade devient fou, si on confirme le break derrière, la dynamique est différente. Pareil sur nos deuxièmes coups, on les a un peu loupés ou on n'a pas fait la différence. Ils ont été plus forts. À la fin, ils ont été plus forts que nous dans tous les compartiments, parce que ce sont deux grands joueurs de tennis. Je peux vous qu'on a aujourd'hui essayé, on a donné tout ce que l'on avait. On est très déçu de ne pas avoir trouvé la clé. En grande partie, c'est de leur faute.

 De notre envoyé spécial à Villeneuve d'Ascq, Olivier Maillard

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