Julien Absalon : " Forcément un peu de frustration "

le
0
Julien Absalon : " Forcément un peu de frustration "
Julien Absalon : " Forcément un peu de frustration "

Vice-champion du monde de VTT derrière le Suisse Nino Schurter dimanche, Julien Absalon est revenu dans l'Access365 sur sa performance. Satisfait d'avoir tout donné, le Français a déjà les Jeux Olympiques de Rio dans la tête.

Julien Absalon, vous êtes double champion olympique, quintuple champion du monde et quadruple champion d’Europe. Cette médaille d’argent manque-t-elle de saveur aujourd’hui ?
On ne peut pas cracher sur une médaille d’argent aux Championnats du Monde. C’est quand même quelque chose en plus au palmarès. C’est forcément un peu de frustration, parce que la victoire était toute proche et que j’ai perdu le maillot que j’avais remis en jeu. Mais d’un autre côté, c’est une satisfaction parce que j’ai tout donné. Quand on fait le maximum, on ne peut être que satisfait du championnat. Ça reflète un peu la hiérarchie de cet été. Je suis tombé sur un Nino Schurter qui est au sommet de sa forme. Pour le battre, je sais qu’il faut que je fasse une course parfaite. Hier (dimanche), j’étais bien physiquement mais techniquement, ça n’était pas parfait. Il y a eu 150 mètres en trop sur cette piste avec long dévers très glissant, avec plein de racines. Je suis passé comme les autres, mais moins vite.

Parce qu’il a pris plus de risques que vous ?
Il est très très fort techniquement. C’est vraiment un chat sur un VTT. Il arrive à prendre l’avantage sur certains secteurs. Et ça, ça m’a obligé de courir à contretemps tout le temps. J’étais à chaque fois obligé de revenir dans sa roue et de faire l’effort plusieurs fois pour combler l’écart. Forcément, ça a joué sur la fin de course.

Parlez nous un peu de cette rivalité, de votre relation avec Nino Schurter...
C’est une rivalité très saine. On se connaît tous et il y a une bonne relation entre les pilotes. En général, ça se fait toujours à la pédale, donc il n’y a pas de problèmes. Au début, lorsqu’il m’a battu au sprint aux Championnats du Monde de 2009, en Australie, je l’avais un petit peu mauvaise. Il l’avait joué filou en restant dans ma roue pour attendre le sprint. Maintenant, il a pris les choses en mains. Il s’est affirmé en tant que leader de la discipline.

« Quand même assez satisfait de ma saison 2015 »

Est-il meilleur que vous aujourd’hui ?
Sur l’année 2014, j’étais numéro un. Mais sur l’année 2015, c’était lui et moi derrière. Ce résultat reflète la hiérarchie, je n’ai pas honte de le dire. Il a 29 ans, j’en ai 35. Je suis quand même assez satisfait de ma saison 2015 et de cette place de deuxième.

Comment comptez-vous combler cet écart pour décrocher l’or aux Jeux Olympiques de Rio ?
Comme je le disais, il faudra que je fasse la course parfaite techniquement. Dans moins d’un mois, je serai sur le circuit olympique à Rio. Ça va me permettre de découvrir le parcours. Et, si besoin, de faire un travail en conséquence pour pouvoir ne pas perdre de temps face à lui. Il faudra que j’exploite au maximum mes capacités physiques sans perdre pour autant sur les portions techniques. Mais ce qui est encourageant après ces championnats, c’est que physiquement, je sais que c’est bon.

Quel regard portez-vous sur la carrière de Pauline Ferrand-Prévot, qui vient de réaliser un triplé historique (championne du monde VTT, sur route et en cyclo-cross) ?
Je la conseille un peu parce qu’elle est plus jeune. Je peux lui apporter un peu de mon expérience. Mais c’est super pour le sport féminin déjà et pour le VTT aussi. Parce qu’en plus d’avoir un talent extraordinaire, elle a un physique très agréable. C’est quand même assez incroyable de pouvoir gagner en cyclo-cross, en route et en VTT. Il y a quelques années, tout le monde lui disait qu’elle devait choisir. Mais elle s’est obstinée et elle a prouvé que c’était possible.

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant