Jules Plisson : " Peut-être que l'on attend trop de cette équipe "

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Entré en jeu d'entrée suite à la blessure de François Trinh-Duc, samedi soir contre l'Angleterre, Jules Plisson fait l'analyse de cette défaite et revient sur le Tournoi des VI Nations manqué du XV de France. Le jeune demi d'ouverture du Stade Français et des Bleus estime que cette équipe a besoin de temps.

Jules Plisson, cette défaite contre l’Angleterre doit constituer une immense déception…
Bien sûr que l’on voulait finir avec une victoire, sachant qu’à dix minutes de la fin, on est à deux points des Anglais, qui sont venus chercher le Grand Chelem et terminer le Tournoi sur une note positive. Malheureusement, on perd un peu le pied, on fait des fautes parfois bêtes qui nous pénalisent et nous font revenir dans notre camp. Ce sont de petits tournants de match qui font que l’on ne passe pas devant, mais que l’on reste derrière.

Qu’est-ce qui vous sépare de l’Angleterre sur ce match ?
Je ne sais pas trop. Sur le terrain, on a eu l’impression d’essayer de les mettre en difficulté, d’essayer de déplacer le ballon, de se faire des passes, de jouer les duels, d’aller jouer là où ils sont peut-être moins bons. Et, eux aussi, ils ont réussi à nous jouer correctement, à nous ralentir les ballons et à nous en gratter à une vitesse hallucinante. Ils ont réussi à nous mettre sous pression grâce à leur jeu au pied. Normalement, à ce niveau-là, le premier essai, on ne doit jamais pouvoir le prendre. Ce sont des erreurs qui nous font défaut et nous laissent derrière au score, même s’il y a encore eu des choses intéressantes. Mais il faut que ça dure 80 minutes.

Quelle analyse faites-vous de ces trois défaites dans ce Tournoi des VI Nations ?
Que l’on attend peut-être trop vite des résultats et que les gens ne se rendent pas compte que cela fait très peu de temps que l’on travaille ensemble. C’est un nouveau projet, avec de nouveaux joueurs, de nouveaux entraîneurs, et peut-être que l’on attend trop de cette équipe de France trop rapidement. Il n’y allait pas y avoir un déclic d’un coup qui allait faire de cette équipe de France la meilleure équipe du monde. Il faut nous laisser le temps de se connaître et de bien s’approprier tout ce que l’on nous demande, parce qu’on a eu beaucoup d’informations d’un coup et que l’on nous demande beaucoup de choses. Cela ne peut pas venir comme ça en quatre semaines, sachant que tu as la récupération parce que tu joues en Top 14 et que des mecs ont de petits pépins physiques. On a dû faire six ou sept entraînements collectifs avec tout le monde. C’est trop peu pour préparer un Tournoi des VI Nations. Il faut nous laisser un peu de temps.

Guy Novès n’a pas semblé tellement fâché finalement après cette nouvelle défaite…
Non, il n’était pas fâché, parce qu’on ne s’est pas retiré, qu’on a essayé de produire et qu’on s’est tous envoyé au maximum, et que ce match, on le perd sur des fautes inhabituelles. Pendant tout le Tournoi, on a eu une touche excellente (sic), et, là, malheureusement, elle nous a fait défaut sur quelques ballons en seconde mi-temps qui étaient très importants. Pareil pour la mêlée, qui avait été plutôt bonne depuis le début du tournoi. Là, on a des mêlées dans leur camp, on aurait pu avoir une pénalité, mais on se prend un coup-franc bêtement. Ce sont des erreurs qui nous ont mis en difficulté et nous font peut-être perdre le match à la fin, car on était vraiment dedans. Dès qu’on accélérait et qu’on gardait le ballon ou qu’on faisait des temps de jeu, on les a mis en difficulté. On a beau dire que c’est la meilleure équipe d’Europe, on a quand même réussi à trouver des espaces.

Plisson : « L’Angleterre ? Le groupe est le même depuis quatre ans »

Avez-vous l’impression que cela soit votre meilleur match depuis le début du Tournoi ?
C’est difficile à dire. Je pense surtout que c’est le premier où l’on a réussi à enchaîner beaucoup de temps de jeu. On a été patients et après onze ou douze temps de jeu, on a réussi à les mettre en difficulté et à trouver des espaces à l'extérieur et parfois dans l’axe. Ce qui est frustrant c’est que l’on s’envoie énormément pour essayer de mettre cette équipe en difficulté. On y arrive, et, sur la finition ou sur des choses plus basiques, on fait des fautes sur des trucs plus faciles que tout ce que l’on doit se créer avant pour avoir ces fautes-là. C’est frustrant.

Est-ce ce que cela passe avant tout par des automatismes à travailler ?
Mais tout passe par des automatismes. On a besoin de passer du temps ensemble pour tout apprendre, tout connaître et se connaître sur le bout des doigts. Regardez cette équipe d’Angleterre, on dit qu’ils ont réussi à avoir un effectif après la Coupe du Monde, sauf que le groupe est le même depuis quatre ans. Ils ont tous travaillé ensemble, ils ont eu des moments difficiles, mais ils sont tous restés soudés. A nous de faire pareil, à rester ensemble et à travailler ensemble.

Sur le plan personnel, comment avez-vous vécu ce Tournoi et ce dernier match contre l’Angleterre ?
Tout s’est enchaîné très vite. Malheureusement, François (Trinh-Duc) s’est blessé assez vite, et quand on est remplaçant, on s’attend plus à entrer en seconde période. C’est dur de rentrer dans un match de ce niveau-là au bout de dix minutes de jeu, mais je n’ai pas eu d’appréhension ni de peur de mal faire. J’ai essayé de continuer sur la lancée de ces dix premières minutes, et d’envoyer du jeu.

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