Jules Plisson : " Difficile de commencer à parler de Grand Chelem "

le
0

Installé au poste de demi d'ouverture depuis le début du Tournoi des VI Nations, Jules Plisson s'attend à un gros défi face aux Gallois vendredi. Le jeune international (24 ans, 8 sélections) prend les matchs les uns après les autres et se sent prêt à défier les hommes de Gatland. Peu importe qui sera associé avec lui en charnière.

Jules Plisson, est-ce une semaine compliquée à gérer avec peu de jours pour s’entraîner ?
C’est une semaine compliquée. Certains ont joué dimanche alors que l’on rejoue vendredi. On a eu 45 minutes d’entraînement collectif pour préparer ce match très important. On ne va pas se cacher derrière ça et avoir un gros état d’esprit pour faire un grand match à Cardiff.

Pour faire encore mieux que sur les deux premiers matchs du Tournoi ?
Ça va être la première fois qu’on se déplace. On voit les Gallois tenir des séquences de jeu monstrueuses, défendre de manière très agressive. Ça va être un combat dans tous les secteurs. Ça va être un match énorme dans un contexte que l’on connaît tous. On a tous hâte d’y être.

Dans ce contexte précisément, vous serez un peu « la cible » des Gallois…
La cible… comme tous les numéros 10 que les Gallois jouent ! Il y a deux semaines, ils ont visé Sexton contre l’Irlande. Aujourd’hui, la cible numéro 1 de toutes les équipes, c’est le demi d’ouverture. C’est comme ça à chaque match.

La presse galloise fait « monter la sauce » à l’approche de ce choc. N’ont-ils pas peur de vos performances ?
Ils peuvent écrire ce qu’ils ont envie. Pour revenir au match de l’Irlande, on n’a jamais visé Sexton. On ne s’est jamais dit qu’on allait essayer de lui faire mal ou quoi que ce soit. Dans la semaine, on n’avait pas parlé une seule seconde de lui. Il n’y a eu aucune attaque contre lui. Pareil pour cette semaine. On va viser des zones que l’on a travaillées, que l’on a déterminées par rapport à leur défense sans viser un joueur précis. Au niveau international, tous les joueurs défendent bien et sont présents dans les zones de défense. On va essayer de respecter notre plan de jeu et passer là où on a vu qu’on pouvait peut-être passer. On les craint comme eux peuvent nous craindre. On est une nouvelle équipe. On apprend. Ça va être un gros match.

« On reste dans notre petite bulle, sans regarder ce qui se passe autour »

Quand Warren Gatland dit que tous les joueurs gallois passés par le Top 14 sont moins bons, c’est une vraie attaque contre le rugby français…
C’est vous qui me le dites, je n’ai même pas fait attention à ça. Nous, les joueurs, je pense que l’on reste dans notre petite bulle, sans regarder ce qui se passe autour. S’ils disent ça, c’est qu’ils essaient de faire monter la sauce et qu’ils se dispersent aussi. Nous, on passe au-dessus de tout cela et on va essayer de faire le meilleur match possible.

Avez-vous acquis plus de confiance grâce aux trente dernières minutes contre les Irlandais ?
Ces trente minutes nous ont permis de gagner le match. On a eu une première mi-temps compliquée. On ne va pas revenir dessus, même si on s’est mis à jouer en fin de première période. Si on veut rivaliser avec les Gallois, il va falloir avoir les mêmes ambitions de jeu que l’on a eues par périodes parce qu’on ne veut pas défendre tout le match, on ne veut pas subir les avions qui vont nous arriver tout droit dessus tout le match. On veut essayer d’imposer notre rythme et ne pas subir le contexte de ce match. On va tout faire pour ne pas défendre pour mettre notre jeu en place.

Vous parlez du contexte particulier de ce match, qui sera votre premier à l’extérieur. Y a-t-il un discours différent de la part du staff pour vous préparer ?
On n’en a pas parlé une seconde. On n’a pas eu beaucoup de temps pour préparer ce match, alors si on commence à s’éparpiller en parlant du contexte et tout ce qui se passe autour, aux déclarations de telle ou telle personnes du staff adverse… On est resté focalisés sur nous, la défense galloise et leur attaque pour faire le meilleur match possible. On n’est pas resté plus longtemps que ça sur le contexte qui nous attend vendredi. On est pas mal de joueurs à avoir connu ce stade. On va essayer de passer outre tout cela, s’en servir comme motivation et se dire que c’est bon d’avoir plus de 60 000 personnes contre nous.

Est-ce une ambiance que vous appréciez ?
J’ai toujours aimé ça. Ça ne m’a jamais dérangé, au contraire. Je m’en sers comme d’une motivation, même si on n’a pas besoin de ça pour être motivé. Sur le terrain, on va essayer de ne pas regarder ce qui se passe autour, laisser les spectateurs admirer et nous concentrer sur notre performance.

« On s'entend très bien avec François, la concurrence est saine »

Un petit mot sur le retour de François Trinh-Duc. Comment voyez-vous cette concurrence ?
On s’entend très bien avec François, il n’y a aucun problème. Il était du groupe lors des premières journées de stage où on a appris le projet de jeu. C’est normal qu’il revienne dans le groupe à partir du moment où il est à 100%. Je suis très content d’être avec lui et Jean-Marc (Doussain). La concurrence est saine. On s’entend tous très bien.

Qui est le patron à ce poste ?
Il n’y a pas de patron (rires).

A vos côtés en charnière, on a l’impression qu’il y a une incertitude entre Machenaud et Bézy. Sont-ils si différents l’un de l’autre ?
Attention, je ne sais pas encore si je vais jouer (rires). Ils n’ont pas de profils vraiment différents. Ce sont deux éjecteurs de ballons, qui mettent de la vitesse dans le jeu et sortent les balles rapidement. Ils dynamisent le jeu pour donner de la vitesse à cette attaque. Seb (Bézy) a beaucoup de « cannes », ce qui lui permet de prendre les intervalles. Max en a aussi mais est peut-être plus physique. Il joue sur ça, on l’a vu lors de son entrée contre l’Irlande. Pour moi, ça ne change rien. Nous avons deux numéros 9 de très grande qualité. Que ce soit l’un ou l’autre, c’est la même chose. Que ce soient eux ou nous, on est là pour rendre la meilleure copie possible et faire plaisir à notre public en essayant de gagner des matchs.

Après ces deux premiers matchs du Tournoi, il reste deux équipes qui peuvent viser le Grand Chelem, la France et l’Angleterre. Êtes-vous dans le fameux « match après match » ou voyez-vous plus loin ?
On ne peut pas voir plus loin. C’est la phrase bateau, mais pour l’instant, on prend les matchs les uns après les autres (sourire). C’est difficile de commencer à parler de Grand Chelem en France, puisque la semaine on rentre tous en club. On est obligé de prendre ces matchs l’un après l’autre pour faire la meilleure performance possible et se concentrer sur chaque match, parce qu’aujourd’hui on ne peut pas se permettre de viser plus que le match suivant.

N’est-ce pas un match charnière qui vous attend à Cardiff ?
C’est le match du milieu de la compétition. On a deux victoires. Si on arrive à les accrocher et pourquoi pas gagner, on rentre dans une bonne optique pour la suite du Tournoi. Il reste deux déplacements : vendredi contre les Gallois, dans deux semaines contre les Ecossais, dont on connaît le niveau actuel. On reçoit l’Angleterre… Donc l’issue du Tournoi, on ne peut pas vous la dire, on ne la connaît pas du tout. On espère qu’elle sera la meilleure possible. Ce qui nous importe, c’est ce vendredi.

(avec Victor Degioanni)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant