Juan Imhoff : " Je joue ce match même quand je dors "

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Juan Imhoff : " Je joue ce match même quand je dors "
Juan Imhoff : " Je joue ce match même quand je dors "
L'ailier de l'équipe d'Argentine, Juan Imhoff, attend depuis plusieurs semaines le match contre la France ce samedi. Le joueur du Racing a hâte de se confronter à Alexandre Dumoulin et Teddy Thomas, ses amis et coéquipiers en club.

Juan Imhoff, ce match face aux des Bleus vous empêche-t-il de dormir ?
Oui c'est vrai, je ne dors plus. Mais c'est bien de ne pas dormir, d'être inquiet pour le match. La France a montré de la confiance, une équipe qui est capable de battre l'Australie et les Fidji avec 45 points. Déjà avant je n'arrivais pas à dormir, alors vous imaginez maintenant ! En plus, mon ami Teddy Thomas est en forme. Donc oui c'est dur, mais il n'y a rien de grave. Au contraire, ça me fait du bien, je joue le match tous les jours pendant la journée, je joue ce match même quand je dors.

Vous venez de parler de Teddy Thomas, vous risquez peut-être de vous affronter en face à face, ça vous laisse quoi comme impression ?
Teddy est en pleine forme, il a trouvé la confiance en marquant des essais au niveau international. Il est à son meilleur niveau. Ca va me permettre de voir mon niveau et de me comparer  à lui, si j'ai la possibilité de l'affronter.

Vous l'avez vu son essai contre l'Australie ?
Oui je l'ai vu. C'est le genre d'essai qu'il marque toujours. Il y a trois semaines, il avait inscrit le même contre Trévise. Je n'ai pas été surpris parce que je sais qu'il est capable de faire ca. Mais au niveau international je me suis dit : Teddy il est bien !

« Teddy Thomas va devenir l'icône du rugby français »

C'est vraiment votre ami ?
Oui ! Au début je crois que lui ou moi, nous étions un peu timides. Après sur le terrain on s'est rapproché. Moi je regarde comment il joue, son état d'esprit. C'est très important pour moi. On est différent, il a du talent, du physique, il a tout. Même s'il est jeune, c'est un mec qui est né avec ça. Je crois que s'il bosse comme il est en train de le faire, il va devenir l'icône du rugby français.

Vous n'êtes pas mal non plus niveau talent ?
A la base quand j'étais en Argentine, j'étais très maigre. Il a fallu que je fasse un très gros effort pour être bien au niveau physique. Lui, à son âge, je le trouve énorme, puissant, rapide. Il a tout. Apres c'est dans la tête.

Teddy a affirmé que vous étiez son modèle...
Si je suis son modèle, j'espère qu'il va être gentil avec moi. Mais une fois que nous sommes sur le terrain, il n'y a plus d'amis, plus rien. Je crois qu'il va oublier ça et moi aussi. Mais c'est très bon de se retrouver, même avec Alexandre (Dumoulin). Ca fait longtemps que je le connais depuis que je suis arrivé ici. J'ai vu ses progrès et j'ai envie d'être devant lui samedi.

Vous avez vécu une année particulière avec un exploit contre l'Australie où vous gagnez votre premier match de l'histoire dans le Four Nations. Ensuite vous commencez votre tournée européenne en Ecosse par une défaite surprise. Comment jugez-vous cette saison avant le dernier match ?
Pour nous, ça a été dur. Il y a eu beaucoup de changements en début de saison dont un changement de staff qui est toujours difficile à gérer. Même avec ça, on a réussi à gagner le match contre l'Australie. Mais on n'a pas encore la maturité pour maintenir cet état d'esprit. Après la victoire contre l'Australie, on a perdu un peu la tête. On a pensé qu'on pouvait battre les Ecossais parce qu'on avait battu les Australiens. Le rugby du nord est complètement différent du rugby du sud.

« La France a montré ses qualités au niveau international »

Pourquoi c'était si important pour vous d'obtenir cette première victoire dans le Four Nations ?
J'ai joué les trois premières éditions du Four Nations. On croyait qu'on n'allait jamais battre une équipe du Sud. Mais cette année, dans ce tournoi avec une équipe totalement différente, on a eu la possibilité de marquer l'histoire de la sélection argentine en remportant le match contre l'Australie. C'était dur parce que la presse n'était pas gentille avec nous. Mais on a continué dans le même état d'esprit et beaucoup travailler, et on a réussi.

Vous disiez être inquiet avant d'affronter l'équipe de France. C'est vraiment le cas ?
Oui bien sûr. Je crois qu'au niveau international, tu es toujours inquiet. Regardezla France, personne n'avait confiance avant la tournée. Maintenant on dit que la France fait des choses incroyables. Je trouve que c'est une équipe très forte, ils ont montré leurs qualités au niveau international. Donc c'est ça qui nous inquiète. Si on ne bosse pas bien toute la semaine, on va être en danger. Où je place la France ? C'est difficile. Moi je ne mets aucune équipe au-dessus dela Nouvelle Zélande. Je pense qu'on est tous d'accord. On regarde les Blacks et c'est incroyable. Apres l'Afrique du Sud, ils sont vraiment pas mal. Mais je dirais que l'Australie, l'Afrique du Sud, l'Angleterre,la France et l'Irlande sont au même niveau.

Quel rôle a Juan Martin Hernandez dans la sélection ?
Lui c'est le papa de tout le rugby en Argentine. Dès qu'il ouvre sa bouche, et ce n'est pas souvent car il ne parle pas beaucoup, tout le monde se tait et l'écoute. Comme cette équipe est jeune, pour nous c'est plus que notre papa. Il est capable de tout faire. Il était une idole pour moi, je l'admire beaucoup. 

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