JPMorgan AM anticipe une appréciation continue du dollar mais n'exclut pas des surprises

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(AOF) - Alors que le dollar s'est déjà apprécié de 17% depuis le début de l'année, la tendance devrait se poursuivre l'année prochaine. Comme le souligne JPMorgan Asset Management, 2016 sera marqué par la montée en charge du resserrement monétaire américain. "Alors que le marché anticipe un peu plus de deux hausses de taux en 2016, nous prévoyons trois hausses l’an prochain avec, comme corollaire, un renforcement du dollar US favorisé par un cycle de normalisation progressif et prudent de la Réserve fédérale", note le gestionnaire d'actifs.

"Il existe également quelques raisons d’estimer que les inquiétudes sur la faiblesse de l’inflation américaine (US) pourraient se dissiper rapidement l’an prochain du fait d’un fort rebond de l’inflation headline, conséquence d’un effet de base ; il existe déjà des indices de raffermissement de l’inflation sous-jacente", ajoute-t-il.

Selon Roger Hallam, Directeur des investissements et Devises chez JPMorgan AM, l'évolution de la devise américaine pourrait même s'avérer inédite au regard des précédentes historiques : pour au moins trois raisons, il n'est pas évident que le dollar atteigne un pic lors de la première hausse des taux de la Fed - attendue en décembre - pour ensuite rechuter.

La première raison est que la divergence des politiques monétaires entre les principales zones va s'accentuer alors que la BCE va sans doute renforcer son QE et que la BoJ est déterminée à relancer l'inflation et à sortir le Japon de la récession.

Ensuite, "même si la Réserve fédérale adopte un itinéraire haussier très progressif, le dollar US va rapidement acquérir un avantage important en matière de rendement sur un grand nombre de ses principaux partenaires commerciaux, y compris l’euro. Cet avantage devrait attirer les flux obligataires du reste du monde, comme cela a été le cas l’an dernier".

Enfin,"le dollar US n’est que légèrement supérieur à sa juste valeur de long terme et l’économie US est une économie relativement fermée. Le handicap pour la croissance provenant des exportations nettes semble s’être atténué au cours de ces derniers mois et a été probablement exagéré au début de l’année 2015, en raison de distorsions dans les données liées aux grèves portuaires de la côte ouest. L’économie des États-Unis est probablement capable de supporter un dollar fort sans conséquences négatives importantes", juge  Roger Hallam chez JPMorgan.

JPMorgan AM souligne tout de même le risque qui pourrait peser sur le dollar et contrarier ce scénario, à savoir "que la dynamique de la croissance relative pourrait devenir un facteur de performance plus important pour les devises, au fur et à mesure que se déroule l’année 2016, particulièrement s’il se confirme que la croissance commence à ralentir aux États-Unis." En clair, si la croissance relative s'avère être plus forte en Europe, la monnaie unique pourrait en profiter.

Fort de cette petite incertitude, le gestionnaire d'actifs préfère garder une "faculté de choix raisonnable pour ce qui concerne notre exposition à de possibles surprises à la hausse hors des Etats-Unis".

"Nos prévisions de croissance pour la zone euro en 2016 sont par exemple supérieures au consensus, et nous prévoyons également un redressement de l’inflation légèrement plus rapide que ce que les marchés anticipent actuellement. Ces forces pourraient en théorie générer une moindre dépréciation de l’euro que celle que dessinent les prévisions de notre scénario de base. Dans ces circonstances, une suppression partielle des couvertures prend du sens", conclut Michael Hood, stratégiste Multi-Asset chez JPMorgan AM.

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