JP Morgan deviendrait premier actionnaire de Technicolor

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par Julien Ponthus et Alexandre Boksenbaum-Granier

PARIS (Reuters) - Le conseil d'administration de Technicolor étudiait mercredi une proposition de prise de participation minoritaire d'un investisseur étranger, dont le journal les Echos écrit qu'il s'agit de la banque américaine JP Morgan, un processus qui a conduit à la suspension de la cotation du groupe en Bourse.

Le spécialiste des technologies utilisées dans l'industrie du divertissement a déclaré dans un communiqué que son conseil d'administration se réunissait dans l'après-midi pour étudier "une proposition reçue de la part d'une institution internationale pour investir sous forme d'une participation minoritaire dans Technicolor et soutenir la stratégie du Groupe et son plan Amplify 2015", sans précision sur l'identité de cette institution.

Le plan stratégique, dévoilé en février, vise entre autres à générer un flux de trésorerie disponible supérieur à 400 millions d'euros sur la période 2012-2015 tout en divisant par deux le ratio dette nette/Ebitda ajusté.

Dans son édition de jeudi, le quotidien les Echos rapporte que l'institution en question est JP Morgan, qui va prendre près de 30% du capital de Technicolor via deux augmentations de capital distinctes, dont l'une sera réservée au nouveau venu et l'autre aux actionnaires actuels.

Selon les informations du journal, l'arrivée de la banque se fait avec le soutien de la direction qui recherchait depuis plusieurs mois un actionnaire de référence pour faire contrepoids aux fonds d'investissement qui sont présents dans son capital.

JP Morgan deviendrait ainsi le premier actionnaire de Technicolor. Selon des données Thomson Reuters, le principal actionnaire est actuellement le fonds américain Apollo Capital Management avec 8,58% du capital. Le deuxième actionnaire, le canadien West Face Capital, a franchi à la hausse les 5% du capital à 5,09% le 19 avril dernier. Le troisième est Third Point.

Aucun commentaire de Technicolor n'a pu être obtenu dans l'immédiat sur une entrée de JP Morgan. Le groupe a simplement annoncé la tenue d'une téléconférence jeudi matin à 7h30 sur la proposition qu'il a reçue.

TECHNICOLOR VALORISÉ 358 MILLIONS D'EUROS À LA CLÔTURE DE LUNDI

Les entreprises n'ont théoriquement pas besoin de réunir un conseil d'administration lorsqu'un investisseur prend une prise de participation minoritaire sur le marché ou en rachetant ses parts à un actionnaire existant.

Le fait qu'un conseil ait été convoqué suggérait que l'opération pourrait se faire soit par une augmentation de capital réservée, soit par la cession d'actions directement détenues par Technicolor.

Sur le front des fusions-acquisition, Technicolor était plutôt attendue sur une possible fusion de son activité déficitaire de fabrication de décodeurs avec l'un des principaux acteurs du secteur, comme l'avait évoqué son directeur général Frédéric Rose dans un entretien à Reuters le mois dernier.

Le groupe a annoncé fin février avoir subi une perte nette de 324 millions d'euros en 2011, pour un chiffre d'affaires de 3,45 milliards, et son endettement net avoisine un milliard d'euros.

En Bourse, l'action Technicolor a terminé lundi à 1,59 euro, valorisant le groupe à 358 millions d'euros environ.

Le titre a regagné 37,6% depuis le 1er janvier après une chute de 67,3% en 2011.

Le ministre de l'Industrie et de l'Economie numérique a rencontré de son côté mercredi après-midi l'intersyndicale du groupe (CFDT, CFE-CGC, CGT, Sud et Unsa).

"Selon nous, il est nécessaire de mettre sur la table la stratégie industrielle du groupe et la problématique de l'endettement", a déclaré Guillaume Trichard, porte-parole de l'intersyndicale.

Technicolor était endetté fin 2011 à hauteur de 957 millions d'euros, soit 2,7 fois sa capitalisation boursière.

Dans un communiqué, le ministère a fait savoir pour sa part qu'Eric Besson avait demandé dès la semaine dernière au Fonds stratégique d'investissement (FSI) d'examiner les modalités d'une entrée au capital de Technicolor.

L'objectif, a-t-il ajouté, est d'assurer la stabilité de l'actionnariat et la participation de l'Etat français aux grandes décisions d'avenir concernant Technicolor.

"Le FSI examinera désormais cette possible entrée au capital aux côtés de l'investisseur mentionné ce matin, ou de toute autre investisseur crédible et sérieux pour Technicolor, et permettant d'assurer la pérennité de ce groupe stratégique", a poursuivi le ministère dans son communiqué.

"Par définition le FSI s'intéresse au devenir des grandes entreprises industrielles françaises, mais ne fait jamais part d'intentions sur des entreprises cotées", a déclaré un porte-parole du Fonds stratégique d'investissement.

Avec Gilles Guillaume, édité par Benoît Van Overstraeten

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  • wanda6 le mercredi 2 mai 2012 à 22:53

    Hallucinant, on vend tout aux américains ou aux qataris !