Journée de la dernière chance pour Petroplus

le
1
DERNIER JOUR POUR LE DÉPÔT D'OFFRES DE REPRISE DE LA RAFFINERIE PETROPLUS DE PETIT-COURONNE
DERNIER JOUR POUR LE DÉPÔT D'OFFRES DE REPRISE DE LA RAFFINERIE PETROPLUS DE PETIT-COURONNE

PARIS (Reuters) - Les 470 salariés de la raffinerie Petroplus de Petit-Couronne, en Seine-Maritime, sont suspendus mardi au dépôt d'offres de reprise de leur groupe devant le Tribunal de Rouen, un dossier emblématique suivi de près par le gouvernement.

Les chances de trouver un repreneur pour cette raffinerie, à l'arrêt depuis un an après le dépôt de bilan de son propriétaire Petroplus, sont toutefois limitées, estiment les services du Premier ministre, qui ont rencontré l'intersyndicale lundi soir.

Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, a fait valoir pour sa part que l'Etat était prêt à mettre de l'argent dans cet équipement, devenu symbolique des difficultés de l'industrie française.

"Pour reprendre une raffinerie de cette envergure, il faut deux choses : beaucoup d'argent et du pétrole. Nous sommes disponibles pour accompagner un offreur, nous l'avons dit à tous ceux qui se sont présentés", a-t-il déclaré sur RTL, précisant attendre plusieurs propositions.

Lors de la dernière audition début novembre, une seule offre ferme, de la société NetOil, qui dit avoir obtenu un accord avec le pétrolier BP, et six lettres d'intentions avait été déposée auprès du Tribunal commerce de Rouen.

Selon l'intersyndicale, NetOil est toujours candidat au rachat et de nombreuses sociétés se seraient déclarées intéressées, parmi lesquelles une société iranienne, frappée par des sanctions internationales mais qui "aurait tout pour plaire".

"Ce sont des raffineurs, ils ont du pétrole et de l'argent", estime Yvon Scornet, porte-parole de l'intersyndicale.

Concernant la fourniture de pétrole à raffiner, Arnaud Montebourg a assuré que la piste libyenne, un temps évoquée, était sérieuse.

"Elle l'a toujours été", a-t-il dit, ajoutant que les pays producteurs de pétrole ont intérêt aujourd'hui à se positionner sur le marché européen.

UN PLAN SOCIAL ÉVOQUÉ

Le ministre a précisé que si l'Etat participait à la reprise de cette raffinerie, ce serait "de façon minoritaire".

Malgré la mobilisation de l'Etat, les chances de trouver un repreneur sont limitées et le financement d'un plan social a été évoqué, indiquait-on lundi à Matignon.

Une source proche du dossier le confirmait mardi.

"Les chances de projet de reprise sont assez limitées. Hier soir, il n'y avait pas d'offre ferme et définitive, avec un business plan, un plan de financement etc. Il y a encore des discussions, des repreneurs qui travaillent. Ce n'est pas définitif", a souligné cette source.

S'il y avait une offre de reprise, l'Etat pourrait intervenir via le Fonds stratégique d'investissement (FSI) "pour boucler le plan de financement", explique-t-on. "Arnaud Montebourg a rappelé la disponibilité de l'Etat à faire cela. En l'état des offres, cette demande n'a pas été faite."

Petit-Couronne est l'une des huit raffineries françaises qui fournissent une partie des 50 millions de mètres cubes de carburant consommés chaque année en France, selon l'Ufip.

Secteur stratégique, le raffinage français connaît une crise depuis plusieurs années, cumulant des marges peu élevées à une faible demande et à une surcapacité de production d'essence, dans un pays où le diesel représente 80% de la consommation de carburant.

Après réception mardi avant 17H00 des offres de reprise, les administrateurs judiciaires de la raffinerie doivent rendre leurs conclusions sur la validité des offres au tribunal de commerce, probablement jeudi.

Ce dernier devra alors trancher entre l'arrêt du site et un plan social ou autoriser un repreneur à racheter la raffinerie.

De source proche du dossier, on jugeait improbable un report "compte tenu de la trésorerie de l'entreprise".

Elizabeth Pineau, Emmanuel Jarry, Marion Douet, édité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • ANOSRA le mardi 5 fév 2013 à 15:28

    Peu de chance de trouver un repreneur d'une usine vétuste pour produire de l'essence dont le marché n'a plus besoin! C'est criminel de faire croire aux salariés qu'une solution viable est possible avec l'aide de l'Etat en faillite! Une formation pour satisfaire les 300 000 emplois non pourvus serait plus réaliste!