Journalistes tués au Mali : «Un échec pour la France»

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Journalistes tués au Mali : «Un échec pour la France»
Journalistes tués au Mali : «Un échec pour la France»

Pour l'universitaire Mathieu Guidère, spécialiste du monde arabe, islamologue et expert des questions de terrorisme, l'assassinat des deux journalistes français «signe l'échec de la stratégie française dans son entreprise de sécurisation de la région de Kidal.» Il craint que« «cela aggrave les dissensions» entre le MNLA et Ansar Dine, «qui vont probablement s'opposer plus violemment encore.»

Kidal, où étaient les journalistes, est-t-elle une zone dangereuse ?

MATHIEU GUIDÈRE. Depuis le début de l'intervention militaire française, deux factions Touaregs se disputent le contrôle de cette ville où les armées maliennes et françaises n'ont jamais pu entrer : d'un côté l'entité laïque du MNLA ? que les journalistes étaient venus rencontrer ? et qui contrôlent le centre-ville, et de l'autre les Touaregs islamistes d'Ansar Dine, très hostiles à la France, qui sont présents à la périphérie de Kidal.

Les Touaregs peuvent-ils être à l'origine de cet enlèvement ?

M.G. Si le scénario n'est pas à exclure, cela me surprendrait, car les Touaregs n'ont pas pour habitude de pratiquer des enlèvements, et encore moins d'exécuter des ressortissants étrangers. A ce propos, il faut rappeler que les quatre otages d'Arlit libérés récemment ont pu l'être grâce à la médiation de l'un des plus hauts responsables du mouvement d'Ansar Dine. Et que, dans le même temps, le MNLA avait accueilli les journalistes français pour cette interview. Aucune de ces deux entités n'avait intérêt à ce que ces journalistes meurent.

Ce drame peut-il avoir un impact sur l'engagement militaire français au Mali ?

M.G. D'abord, il signe l'échec de la stratégie française dans son entreprise de sécurisation de la région de Kidal. Il faut rappeler que dès le début de l'intervention militaire, la France a délibérément souhaité ne pas s'opposer aux Touaregs. Ensuite, on peut craindre que ...

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