Journal d'un prof débutant (épisode 28) : "Je ne savais pas qu'elle portait un hidjab"

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De retour chez elle, la jeune prof s'attaque à la correction des cinq dernières copies d'un contrôle sur l'Algérie qu'elle doit rendre à ses élèves le lendemain.
De retour chez elle, la jeune prof s'attaque à la correction des cinq dernières copies d'un contrôle sur l'Algérie qu'elle doit rendre à ses élèves le lendemain.

C'était un exemple anodin cité par Sophie pour illustrer son cours sur le rôle de la justice. Entre autres exemples concrets, la jeune prof avait décidé de parler à ses élèves de la garde à vue française, retoquée par la Cour européenne des droits de l'homme, faute de coller aux normes du droit européen. Surprise : les quatrièmes connaissaient le sujet sur le bout des doigts. "Ils sont extrêmement au fait des questions de justice, ils commentaient à voix basse les derniers déboires survenus à leurs frères ou à leurs pères...", a constaté Sophie. "On n'a pas le droit d'entrer chez les gens...", a-t-elle poursuivi, en faisant mine de n'avoir pas entendu leurs remarques. "C'est pas vrai, madame ! Les flics, ils le font tout le temps !" ont immédiatement réagi les collégiens. "D'ailleurs, il y a deux jours, à la maison...", raconte Ayoub à son voisin, sous les yeux de Sophie.Éviter les vagues"J'ai pris conscience que les descentes de police à 6 heures du matin sont des événements familiers pour certains élèves. J'ai l'impression d'être dans un film. Je savais, bien sûr, que leur quotidien était différent du mien, mais je ne cesse de découvrir à quel point c'est le cas !" Alors, Sophie a choisi de prendre le taureau par les cornes. Là où beaucoup d'enseignants décident que le fossé est trop important pour être enjambé, elle a refusé la fatalité et organisé une sortie au théâtre, avec certes un peu d'appréhension, mais...

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