Jour J pour les plans de recapitalisation de 31 banques d'Europe

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JOUR J POUR LES PLANS DE RECAPITALISATION DES BANQUES EUROPÉENNES
JOUR J POUR LES PLANS DE RECAPITALISATION DES BANQUES EUROPÉENNES

par Steve Slater

LONDRES (Reuters) - C'est ce vendredi la date limite fixée aux 31 banques européennes pour remettre à leurs régulateurs nationaux le détail des mesures qu'elles prévoient pour renforcer leurs fonds propres et se conformer aux exigences de solvabilité de l'Autorité bancaire européenne (ABE).

Le besoin de renforcement des fonds propres pour les établissements concernés atteint 115 milliards d'euros, selon les calculs de l'ABE.

Si quelques-unes des banques continuent d'envisager de lever des capitaux sur les marchés en dépit de niveaux de valorisation encore très déprimés, la plupart ont privilégié d'autres pistes, en réduisant notamment la taille de leur bilan via des cessions d'activités ou de portefeuilles.

Les autorités européennes ont demandé aux banques de s'assurer que leur ratio de fonds propres pondéré des risques atteigne au moins 9% d'ici la fin juin 2012.

Cette mesure, destinée à prévenir une répétition de la crise bancaire de 2008 qui avait nécessité des interventions publiques massives pour renflouer certaines banques, a été critiquée en raison du délai très court laissé aux banques pour s'y conformer et de ses conséquences sur leur capacité à financer une économie européenne déjà très affaiblie.

La perspective d'une moindre rentabilité du fait du ralentissement économique, de pertes plus importantes que prévu sur les dettes souveraines, en particulier la dette grecque, et le peu d'appétit des investisseurs pour le secteur bancaire impliquent qu'un soutien public ne peut être exclu dans certains cas, comme pour l'allemande Commerzbank ou l'italienne Banca Monte dei Paschi di Siena (MPS).

Commerzbank, dont les besoins en fonds propres sont chiffrés à 5,3 milliards d'euros, a toutefois fait savoir jeudi qu'elle devrait pouvoir éviter un nouveau renflouement public, ayant réalisé 57% de l'effort demandé par l'ABE à la fin 2011 et s'attendant à dégager 3,3 milliards d'euros de fonds propres supplémentaires d'ici la mi-2012.

L'action Commerzbank a bondi de plus de 20% depuis cette annonce.

E7,3 MDS POUR LES BANQUES FRANÇAISES

L'italienne MPS, qui se présente comme la plus ancienne banque du monde encore active, doit renforcer ses fonds propres de 3,3 milliards d'euros, et risque de devoir en lever au moins la moitié auprès de ses actionnaires ou en se tournant vers l'Etat italien, selon des analystes.

La banque prévoit de céder de l'immobilier et des participations dans des coentreprises, de réduire la taille de son bilan et d'émettre des obligations convertibles pour améliorer son ratio de fonds propres.

La banque portugaise Millenium BCP et les espagnoles Bankia et Popular figurent aussi parmi les établissements qui pourraient manquer de fonds propres pour respecter les demandes et le calendrier de l'ABE.

Pour renforcer leur ratio de solvabilité, les banques concernées disposent de nombreuses options, en jouant aussi bien sur le numérateur que sur le dénominateur, allant de la mise en réserve de profits à la réduction de leurs encours de prêts en passant par les cessions d'actifs, la conversion de titres hybrides en titres de capital ou encore le rachat de leur propre dette.

Elles soumettent les mesures qu'elles entendent mettre en oeuvre à leurs régulateurs nationaux, qui devront les approuver avant de les transmettre à l'ABE, cette dernière devant les valider les 8 et 9 février. Elles n'ont en revanche pas l'obligation de rendre publiques les mesures envisagées.

En France, les banques avaient quant à elles jusqu'au 13 janvier pour transmettre à l'Autorité de contrôle prudentiel (ACP) leur programme de recapitalisation.

Pour le secteur bancaire français, l'ABE a chiffré le besoin de recapitalisation à 7,3 milliards d'euros. Seul le Crédit agricole n'a pas besoin de renforcer ses fonds propres, selon le régulateur européen.

Excluant toute aide publique et tout appel au marché, BNP Paribas, BPCE (Banque populaire-Caisse d'épargne) et Société générale ont assuré pouvoir atteindre les exigences de l'ABE en mettant en réserve leurs bénéfices, en cédant des actifs ou en réduisant, voire arrêtant, certaines de leurs activités de marchés et de financement.

Avec Matthieu Protard, Marc Joanny pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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