Jour de vote meurtrier au Venezuela, la participation contestée

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    * Participation de 12% selon l'opposition, plus de 40% selon 
les autorités 
    * Au moins dix morts dans des violences dimanche 
    * Le scrutin condamné par Washington, Buenos Aires, Bogota 
    * Les Etats-Unis promettent des sanctions "fortes et 
rapides" 
 
 (Actualisé avec bilan, participation, réactions 
internationales) 
    par Alexandra Ulmer et Anggy Polaco 
    CARACAS, 31 juillet (Reuters) - Le Venezuela a une fois de 
plus traversé une journée meurtrière alors que les électeurs 
étaient appelés à élire Assemblée constituante qui devrait 
octroyer des pouvoirs élargis à l'impopulaire président Nicolas 
Maduro. 
    Le pays d'Amérique du Sud, plongé dans une grave crise 
économique, est ébranlé depuis début avril par un large 
mouvement de contestation du pouvoir socialiste en place qui a 
fait plus environ 120 morts. 
    Les autorités affirment que dix personnes ont péri dimanche 
lors de manifestations émaillées de violences tandis que 
l'opposition affirme que le bilan est d'environ 12 morts, un 
niveau sans précédent depuis le début en avril de la campagne de 
manifestations. 
    Les autorités ont confirmé le décès au cours du week-end de 
deux adolescents et d'un candidat à l'Assemblée constituante, 
tué à son domicile dans l'Etat de Bolivar.      
    Sept policiers ont été blessés dans une explosion à Caracas 
lors d'une manifestation, ont annoncé les autorités. Plus de 
230.000 soldats ont été déployés pour protéger les bureaux de 
vote.  
    Maduro, qui a voté dès 06h00 du matin, présente ce scrutin 
comme le meilleur moyen d'apaiser ce pays de 30 millions 
d'habitants, et de mettre fin à ce qu'il appelle une 
"insurrection armée". 
    Pour l'opposition, qui boycotte le vote, il n'est que la 
dernière étape en date de la mise en place d'une dictature. 
Selon ses estimations, la participation n'a été que de 12% mais 
le gouvernement s'apprêterait à annoncer près de 8,5 millions de 
votants, soit une participation de plus de 40%. 
    Les employés du secteur public, au nombre de 2,8 millions, 
ont subi de fortes pressions pour aller voter. 
    Des employés de la compagnie pétrolière publique PDVSA ont 
reçu des textos leur demandant d'envoyer leur numéro 
d'identification une fois leur devoir électoral accompli, ont 
rapporté deux sources. 
     
    CONDAMNATIONS RÉGIONALES 
    La Constituante, prédit l'opposition, permettra à Nicolas 
Maduro de dissoudre l'Assemblée nationale, où les opposants sont 
majoritaires depuis les élections législatives de décembre 2015, 
de retarder la tenue de prochaines élections et de réécrire la 
loi électorale afin de se maintenir au pouvoir.  
    Le scrutin, qui fait suite au report d'élections régionales 
et au refus répété du chef de l'Etat de tenir compte des 
décisions du Parlement, a été condamné par de nombreux pays. 
    Les Etats-Unis, premier marché pour l'industrie pétrolière 
du Venezuela, ont sanctionné cette semaine 13 responsables de 
Caracas et promettent d'autres mesures de rétorsion économiques, 
notamment sur ce secteur.   et   
    L'émissaire américaine aux Nations unies, Nikki Haley, a 
qualifié sur Twitter l'élection de "mascarade", et jugé qu'elle  
représentait une "nouvelle étape vers une dictature". Le 
département d'Etat américain a promis des "mesures fortes et 
rapides contre les architectes de l'autoritarisme".   
    La Colombie voisine a prévenu qu'elle ne reconnaîtrait pas 
les résultats du scrutin, tout comme l'Argentine. Le Pérou, le 
Brésil et le Chili ont appelé à un retour au dialogue pour 
restaurer la démocratie. 
    "D'ici demain, il sera clair que ce n'est pas seulement une 
fraude constitutionnelle mais aussi la plus grande erreur 
historique commise par Maduro et sa bande", a déclaré samedi 
Freddy Guevara, l'un des chefs de l'opposition.  
    Nicolas Maduro, qui a succédé au fondateur de la "Révolution 
bolivarienne" Hugo Chavez, mort en 2013, se dit victime d'un 
complot international de la droite, sur laquelle il rejette la 
responsabilité de la grave crise économique que connaît le pays, 
confronté à une inflation galopante et à une pénurie de 
nourriture et de médicaments.  
     
    "METTRE FIN AU SABOTAGE DU CONGRÈS BOURGEOIS" 
    Les Vénézuéliens sont appelés à choisir les 545 membres de 
l'Assemblée constituante parmi les quelque 6.120 candidats, qui 
appartiennent tous au Parti socialiste et ses alliés.  
    La création de cette Constituante a été rejetée par plus de 
sept millions de Vénézuéliens le 16 juillet dernier à l'occasion 
d'un référendum officieux et l'opposition a appelé à descendre 
dans les rues pour empêcher le déroulement du scrutin. 
    La nouvelle Assemblée constituante doit siéger dans les 72 
heures suivant la proclamation officielle des résultats.  
    Les responsables du gouvernement ont laissé entendre que la 
Constituante prendrait rapidement des mesures contre la 
procureure en chef Luisa Ortega, ancienne chaviste devenue 
critique du régime, et contre l'Assemblée nationale. 
    "Avec l'Assemblée constituante, nous mettrons fin au 
sabotage du (Congrès) bourgeois", a déclaré le numéro deux du 
Parti socialiste, Diosdado Cabello, lors d'un meeting de 
campagne. 
    La dernière Constitution du Venezuela a été écrite sous la 
présidence d'Hugo Chavez. Elle a renforcé le pouvoir exécutif et 
gravé dans le marbre le droit à la santé ou à l'éducation.  
    Mais contrairement à Maduro, Hugo Chavez avait au préalable 
obtenu par référendum l'assentiment de la population pour 
réécrire la loi fondamentale. 
    
  
     
 
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GRAPHIQUE Evolution électorale du "chavisme"    http://reut.rs/2eOmhlB 
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 (Brian Ellsworth, avec Fabian Cambero et Francisco Aguilar à 
Barinas; Jean-Stéphane Brosse, Henri-Pierre André et Julie 
Carriat pour le service français) 
 
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