"Jour de colère" à Jérusalem, Israël renforce la sécurité

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JÉRUSALEM, 18 septembre (Reuters) - Israël a déployé quelque 800 policiers supplémentaires autour de la Vieille Ville de Jérusalem vendredi alors que les dirigeants palestiniens ont décrété un "jour de colère" pour protester contre de nouvelles mesures de sécurité israéliennes. La tension a été particulièrement vive cette semaine autour de l'esplanade des Mosquées, où se trouvent la mosquée Al Aksa et le Dôme du rocher, troisième lieu saint de l'islam. Le mur des Lamentations, où viennent prier les juifs, se trouve en contrebas. "La police israélienne a renforcé la sécurité à l'intérieur et autour de Jérusalem et de la Vieille Ville pour prévenir et répondre à tout incident qui pourrait s'y dérouler", a annoncé son porte-parole, Micky Rosenfeld, précisant que des agents en civil ont également été déployés. Israël a aussi interdit l'accès à la mosquée Al Aksa à tous les hommes âgés de moins de 40 ans pour la grande prière hebdomadaire du vendredi. Mais loin de ramener le calme, ces mesures restrictives et le déploiement de force risquent d'alimenter la colère et la frustration des Palestiniens, qui ont prévu de manifester dans plusieurs villes de Cisjordanie occupée, dont Ramallah, Hébron et Naplouse. À Naplouse, un jeune Palestinien a été abattu par les forces de sécurité israéliennes après leur avoir lancé un cocktail Molotov, a-t-on appris de sources militaires et médicales. La sécurité a été particulièrement renforcée au point de passage de Kalandia, entre Ramallah et Jérusalem, régulièrement théâtre de heurts. A Jérusalem-est, un bus municipal a été caillassé et le chauffeur a dû prendre la fuite à pied, a déclaré la police. Le bus a ensuite été incendié. Outre les tensions autour de l'esplanade des Mosquées, les Palestiniens sont furieux du projet des autorités israéliennes d'autoriser la police et l'armée à ouvrir le feu sur quiconque jette des pierres sur un véhicule -- jusqu'à présent les membres des forces de sécurité ne peuvent normalement utiliser leur arme que s'ils pensent que leur vie est directement menacée. Plusieurs caillassages de ce genre se sont produits ces dernières semaines, dont l'un a provoqué la mort d'un conducteur israélien. Israël a déjà alourdi cette année les peines de prison pour les lanceurs de pierres, qui peuvent désormais aller jusqu'à 20 ans, mais sans grand effet, ce qui a incité le Premier ministre Benjamin Netanyahu à proposer d'autoriser les forces de l'ordre à ouvrir le feu. (Luke Baker, avec Ali Sawafta à Ramallah et Ari Rabinovitch à Jérusalem; Tangi Salaün pour le service français)

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