Johnny Hallyday encore dans le collimateur du fisc

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Plusieurs perquisitions auraient été effectuées chez des proches conseillers de la star, selon le Canard enchaîné . Le fisc disposerait d'un dossier «épais» sur le chanteur, soupçonné d'évasion fiscale.

C'est une publicité dont Johnny Hallyday se serait bien passé. Le chanteur, qui devrait faire son retour sur le devant de la scène cette année, voit ses histoires fiscales le rattraper. Une nouvelle fois, il est aujourd'hui soupçonné d'évasion fiscale. Le Canard enchaîné évoque dans son édition de la semaine parue ce mercredi une double perquisition qui aurait eu lieu chez des proches en décembre.

Les services fiscaux ont demandé l'autorisation d'effectuer une «visite domiciliaire» à un juge des libertés et de la détention de Nanterre dans le cadre d'une enquête fiscale concernant Johnny Hallyday, a confirmé à l'AFP une source judiciaire.L'une d'elles a été menée au domicile de Pierric Carbonneaux Le Perdriel, le fondé de pouvoir du chanteur, dans son domicile de Vaucresson, dans les Hauts-de-Seine. Une autre a été effectuée chez Renaud Belnet, avocat marseillais qui lui avait servi de conseiller fiscal jusqu'en 2009. Mais dans ce dernier cas, les enquêteurs seraient repartis les mains vides, le bâtonnier de l'ordre des avocats ayant contesté la perquisition.

Ces perquisitions fiscales, «procédures réservées aux contribuables soupçonnés à tort ou à raison d'avoir fraudé dans les grandes largeurs», précise le Canard, auraient reçu l'aval de juges de la liberté de Marseille et de Nanterre.

Plusieurs mois de travail seront nécessaires pour éplucher les documents saisis. Après une analyse par la Commission des infractions fiscales du ministère du Budget, l'affaire pourrait donner naissance à une plainte en justice.

Des montages fiscaux douteux

Dans ce dossier «épais et bien étayé», selon des sources anonymes citées par l'hebdomadaire, l'attention de la justice se porte sur les sociétés, créées et gérées par l'entourage de Johnny Hallyday. Navajo, Artistes et Promotion, Pimiento Music ou encore Smet Dom : ces sociétés, si elles n'ont pas mis la clé sous la porte, afficheraient «un chiffre d'affaires égal ou proche de zéro», selon le Canard Enchaîné. Plusieurs sociétés civiles immobilières, avec pour principaux associés Johnny, sa femme Laeticia et l'un de leur fille adoptive Jade, sont sous surveillance.

L'hebdomadaire affirme que certains de ces actifs auraient été transférés aux Luxembourg, puis regroupés dans une société spécifiquement créée pour l'occasion, baptisée Nerthus Invest SA.

Antécédents

S'ils se concrétisaient, ces ennuis avec le fisc ne seraient pas les premiers pour Johnny Hallyday. Le chanteur a déjà été condamné en 1975 à reverser des arriérés de 100 millions de francs (15 millions d'euros environ), payés une quinzaine d'année plus tard.

Le star française a toujours été ouvertement hostile au système d'imposition qui est en vigueur dans l'Hexagonale. «Je suis d'accord de payer des impôts, mais il y a une limite. Avant, je versais plus de 70%. Avec ce que j'ai payé dans ma vie, j'aurais pu faire vivre plusieurs familles pendant des générations», expliquait-il en 2009. Cette année là, le chanteur révélait qu'il payait 607.000 euros d'impôts annuels en Suisse depuis son installation dans le pays en 2007. Avant cela, le chanteur avait tout tenté pour fuir le système, y compris une demande - refusée - de naturalisation belge pour bénéficier d'un meilleur statut fiscal.

Dans cette nouvelle affaire, Virginie Lapp, avocate du chanteur, n'a pas souhaité réagir. «Ca n'a aucune importance et je n'ai pas à m'exprimer là-dessus», a-t-elle déclaré à l'agence de presse Reuters.

Mauvais timing

Il faut dire que cette histoire tombe au plus mauvais moment pour le chanteur qui devrait tenter de faire son come back avec un album en mars et une éventuelle tournée en 2012. A 67 ans, le chanteur semble plus affaibli que jamais, tant sur le plan physique que professionnel. Les clans se forment entre son ancienne équipe et Laeticia, sa femme. Cette dernière, à qui Johnny aurait depuis longtemps confié les clefs de son empire, est notamment accusée de faire le ménage autour du chanteur pour mieux se mettre en avant.

Omniprésente, elle serait à l'origine de toutes les principales décisions concernant la galaxie Hallyday. Y compris les plus polémiques, comme l'éviction de Jean-Claude Camus, producteur et ami de trente ans du chanteur, mais aussi de ses attachées de presse Catherine Battner et Vincence Stark, ainsi que du photographe officiel de la star, Daniel Angeli.

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