John Leahy compte rester l'ennemi n°1 de Boeing

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JOHN LEAHY NE COMPTE PAS PRENDRE SA RETRAITE D'AIRBUS
JOHN LEAHY NE COMPTE PAS PRENDRE SA RETRAITE D'AIRBUS

par Tim Hepher

PARIS (Reuters) - John Leahy, le directeur commercial qui a propulsé Airbus au premier rang mondial des constructeurs aéronautiques, se voit bien rester le principal ennemi de Boeing pendant encore plusieurs années.

Sous la houlette de ce New-Yorkais de 62 ans, qui orchestre la politique commerciale d'Airbus depuis son arrivée à Toulouse en 1994, Airbus a vendu près de 10.000 avions, pour une valeur totale de 1.000 milliards de dollars aux prix catalogue, soit les quatre cinquièmes des appareils construits par l'avionneur depuis ses débuts.

Airbus et sa maison mère EADS vont connaître en juin une réorganisation en profondeur de leur direction avec l'arrivée à la tête d'EADS de Tom Enders - l'actuel président exécutif d'Airbus - et son remplacement à la tête de l'avionneur par son numéro deux Fabrice Brégier.

"J'ai 62 ans et je vais finir par prendre ma retraite, mais je ne pense pas prendre ma retraite dans un futur immédiat. Je m'attends à rester ici pendant encore quelques années", a déclaré à Reuters John Leahy, qui s'est vu remettre lundi la Légion d'honneur, au siège toulousain d'Airbus.

"Je ne suis pas le premier Américain à la recevoir. Apparemment, le dentiste de Napoléon III l'a reçue aussi, et c'était un Américain. Peut-être avons-nous quelque chose en commun... je dois soulager la douleur des Français", a-t-il ironisé.

Fabrice Brégier et John Leahy "ne sont pas proches mais chacun respecte le terrain de l'autre", disait il y a quelques mois un responsable d'Airbus à Reuters.

L'Américain, qui a vu défiler six patrons d'Airbus et huit directeurs commerciaux de Boeing, fait plus que jamais figure d'ennemi numéro un du groupe de Seattle : la part de marché d'Airbus est passé de 19% en 1994 à 64% en 2011.

L'esprit irrévérencieux de John Leahy et ses continuelles piques à "nos amis de Seattle" ne sont guère prisés chez Boeing. Chez l'avionneur américain, en privé, on accuse volontiers le directeur commercial d'Airbus d'alimenter une guerre des prix.

L'intéressé dément et commente : "Je crois qu'il y a pas mal de jaloux à Seattle."

Pour l'heure, John Leahy s'est fixé l'objectif d'atteindre 10.000 ventes nettes d'avions.

"On y sera au milieu de l'année, je pense. Nous sommes à près de 9.800 maintenant, donc il nous en faut environ 200 de plus dans le carnet de commandes, ce qu'on aura sans doute d'ici le salon (de Farnborough, en juillet)", a-t-il dit.

Cyril Altmeyer pour le service français, édité par Dominique Rodriguez

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