John Kerry tente de rassurer les délégués de la COP22

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 (Actualisé avec déclarations Kerry) 
    par Yeganeh Torbati et Nina Chestney 
    MARRAKECH, Maroc, 16 novembre (Reuters) - John Kerry a tenté 
mercredi à Marrakech de rassurer les représentants des quelque 
200 pays participant à la COP22 inquiets de la promesse faite 
par Donald Trump à ses électeurs de sortir les Etats-Unis de 
l'accord sur la lutte contre les changements climatiques. 
    Le secrétaire d'Etat américain s'est exprimé devant 
l'assemblée plénière des délégués en essayant de relativiser les 
déclarations faites par le candidat républicain lors de la 
campagne électorale. 
    "Bien que je ne puisse pas prédire la politique que conduira 
notre président élu, je peux vous dire ceci : mon expérience de 
la vie publique m'a appris que certains problèmes apparaissent 
un peu différemment quand on est en campagne et quand on entre 
effectivement en fonction", a déclaré John Kerry. 
    Pour le président élu des Etats-Unis, le réchauffement 
climatique est un canular qui justifie un retrait de l'accord de 
Paris conclu lors de la COP21 en décembre 2015. 
    Donald Trump estime que le contribuable américain n'a pas à 
financer les programmes internationaux de réduction des 
émissions de CO2 et est favorable à la relance de l'exploitation 
charbonnière dans la "rust belt", région touchée par la 
désindustrialisation. 
    Dramatisant son propos et évoquant sa rencontre la semaine 
passée dans l'Antarctique avec des scientifiques inquiets de la 
situation, John Kerry a rappelé que "2016 sera l'année la plus 
chaude de l'histoire". 
    "Pour l'instant, on bat des records tous les mois. Il arrive 
un moment où même les plus fervents sceptiques doivent admettre 
qu'il se passe quelque chose de préoccupant", a-t-il ajouté.  
    Faisant le même constat, un groupe réunissant plus de 360 
entreprises et investisseurs, dont certains aussi célèbres que 
DuPont, Gap  GPS.N , General Mills  GIS.N , Hewlett Packard 
 HPE.N , L'Oreal USA, Nike  NKE.N , Schneider Electric ou 
Unilever  ULVR.L , a lancé un appel en faveur du respect de 
l'accord de Paris. 
     
    LA CHINE ATTENTIVE 
    Dans un communiqué adressé à Donald Trump mais également à 
Barack Obama, aux membres du Congrès et à des dirigeants 
mondiaux, le groupe baptisé "360+" demande aux Etats-Unis de 
rester fidèles aux engagements pris. 
    "Échouer à construire une économie peu dépendante du carbone 
mettrait la prospérité américaine en péril. Mais adopter 
maintenant les bonnes mesures créera des emplois et soutiendra 
la compétitivité américaine", estime le groupe dans ce texte 
présenté à Marrakech. 
    "Le soutien des Etats-Unis est essentiel car ils sont la 
première économie développée du monde", a rappelé Liu Zhenmin, 
membre de la délégation chinoise. 
    S'il met en oeuvre ses promesses, le futur président 
américain hypothèquera l'héritage de Barack Obama dont 
l'engagement en faveur du climat a été une des priorités 
politiques sur le plan intérieur et dans les relations 
internationales. 
    Une source au sein de l'équipe Trump a indiqué cette semaine 
que le futur président cherchait un moyen rapide de contourner 
les engagements pris par son pays dans le cadre de l'accord de 
Paris. 
    Le protocole est entré en vigueur le 4 novembre, soit quatre 
jours avant la présidentielle américaine, ayant obtenu à cette 
date l'engagement d'un nombre suffisant d'Etats signataires. 
    Les Etats-Unis et la Chine ont travaillé en étroite 
concertation pour parvenir à l'accord de Paris et cette 
collaboration entre les deux plus gros pollueurs de la planète a 
convaincu d'autres pays de participer à l'effort collectif. 
    L'accord prévoit de limiter d'ici 2050 les émissions de gaz 
à effet de serre afin que le réchauffement climatique soit 
"nettement en dessous de 2°C" en 2100 par rapport à l'époque 
pré-industrielle. 
    Les intentions de Donald Trump en ce domaine demeurent 
marquées du sceau de l'incertitude, le futur président des 
Etats-Unis ayant fait des déclarations contradictoires sur 
d'autres sujets. 
    Pour l'instant, la Maison blanche fait comme si rien ne 
devait être remis en cause et dit maintenir le cap d'une 
réduction des émissions américaines de CO2 de 80% d'ici 2050 par 
rapport aux niveaux de 2005. 
 
 (Pierre Sérisier pour le service français, édité par Gilles 
Trequesser) 
 

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