JO: Yannick Agnel touche au Graal, Camille Lacourt rate le coche

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YANNICK AGNEL CHAMPION OLYMPIQUE DU 200 M NAGE LIBRE
YANNICK AGNEL CHAMPION OLYMPIQUE DU 200 M NAGE LIBRE

par Mario Andres

LONDRES (Reuters) - En un peu plus de 103 secondes de bonheur dans le bassin olympique de Londres, Yannick Agnel s'est installé, à 20 ans, comme l'un des plus grands nageurs que la France ait connu.

Meilleur temps sans combinaison sur le 200 m nage libre avec ses 1'43"14, le Nîmois émigré à Nice est aussi le premier Tricolore à enlever deux médailles d'or dans les bassins olympiques.

Sa victoire devant le favori chinois Sun Yang et le Coréen Park Taehwan n'a souffert aucune contestation: en tête de bout en bout, le protégé de Fabrice Pellerin n'a fait qu'allonger inexorablement sa carcasse de 2,02 mètres pour s'imposer avec plus de 1,8 seconde sur ses adversaires.

"Je ne sais pas quoi dire, cela dépasse toutes mes espérances", lâche, entre deux sourires, le nouveau fer de lance de la natation française, encouragé et félicité par le président François Hollande, en visite au Parc Olympique.

"J'ai bien choisi mon jour, mais je ne suis pour rien dans cette victoire", commente le chef de l'Etat.

Sacré la veille en relais 4x100 mètres, Yannick Agnel avait déjà frappé les esprits en ponctuant cet effort collectif d'un dernier 50 mètres ébouriffant.

"C'est vrai que déjà hier, j'avais compris que la forme était là", confie-t-il, avant d'estimer avec ingénuité avoir trouvé cette finale du 200 m "un peu lente".

Et pourtant, sa performance est la troisième de tous les temps sur la distance, les records du monde successifs de l'Allemand Paul Biedermann et l'Américain Michael Phelps ayant été réalisés avant l'interdiction des combinaisons en 2010.

Et c'est un beau pied de nez que ce nouveau record de France soit établi par celui qui, en 2009, se distinguait en se présentant en slip de bain au plus fort de la vogue des "combis".

EN RÉSERVE

"Aujourd'hui, il a réussi à rassembler tout ce qu'il est pour devenir champion olympique", résume Fabrice Pellerin, son entraîneur à l'Olympic Nice Natation, qui recueille ainsi sa quatrième médaille de ces Jeux après celles de Camille Muffat et de Clément Lefert au relais.

"Il a su aller chercher ces petits dixièmes qui transforment la satisfaction en titre olympique", ajoute-t-il.

Mais le coach niçois, qui affirmait la veille avoir ressenti "un orgasme tantrique" avec la victoire de Camille Muffat sur 400 m nage libre, ne se lâche pas pour autant.

"J'en garde encore en réserve parce qu'il y a d'autres échéances. Pour l'instant, je préfère parler d'appréciation et de récupération", modère-t-il.

Sur sa forme actuelle, Yannick Agnel peut encore nourrir de très sérieux espoirs sur 100 mètres, mais également sur le relais 4x200 mètres, deux épreuves qui débutent mardi.

Ce grand gaillard, titulaire d'un bac S avec mention et longtemps dépeint comme un intello tête en l'air, amateur de Baudelaire et de science fiction, incarne désormais la relève de son sport, au lendemain de la retraite d'Alain Bernard, le champion olympique du 100 mètres à Pékin.

Il révèle aussi la verve actuelle de l'école niçoise, au détriment des sociétaires du Cercle des Nageurs de Marseille, qui marquent le pas.

Le plus célèbre des nageurs marseillais, Camille Lacourt, n'a pu convertir son titre mondial du 100 m dos en médaille olympique. Parti trop vite, le Français a échoué à la quatrième place d'une course enlevée par le favori américain, Matt Grevers.

"C'est une immense déception après une grosse année et énormément de travail. Mais j'ai coincé", concède-t-il.

La jeunesse est décidément de rigueur à l'Aquatics Center de Londres, puisque la petite Lituanienne Ruta Meilutyte, âgée de 15 ans, l'a emporté au 100 m brasse.

Edité par Tangi Salaün

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