JO: Yannick Agnel, le plaisir avant tout

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YANNICK AGNEL, NAGEUR SURDOUÉ
YANNICK AGNEL, NAGEUR SURDOUÉ

par Chrystel Boulet-Euchin

DUNKERQUE (NORD) (Reuters) - Yannick Agnel est un nageur surdoué qui, à 20 ans, peut légitimement viser de "monter sur la boîte", lors des Jeux olympiques qui débutent vendredi à Londres.

Engagé sur 100 et 200m nage libre, distance sur laquelle il détient la meilleure performance mondiale de l'année en 1'44"42, le Français a battu les meilleurs cette saison et dit trouver sa motivation dans le plaisir qu'il a à enchaîner les longueurs.

"La gravité est le bonheur des imbéciles, c'est ma phrase préférée, elle est de Montesquieu. Les gens prennent trop les choses au sérieux. Moi, je prends du plaisir à nager", a-t-il dit à Reuters lors de l'ultime stage de l'équipe de France à Dunkerque.

"Je fais 15 km par jour et on peut trouver du plaisir dans l'effort. Et si on voit plus loin que cela, j'ai eu la chance grâce à la natation de voyager à travers le monde, de rencontrer plein de gens extraordinaires."

Le Nîmois est licencié à Nice et entraîné par Fabrice Pellerin. Mais au-delà du nageur, il y aussi un jeune homme brillant, dont les centres d'intérêt sont multiples.

Comme sa coéquipière de club, Camille Muffat, il a débuté une école de commerce après le baccalauréat mais a suspendu ses études pour se consacrer à sa carrière sportive.

"Après le bac, Je me suis inscrit en école de commerce mais j'ai mis ça entre parenthèses. Je me poserai la question pour la suite après les Jeux mais je sais déjà que je resterai dans le groupe niçois et que je continuerai à nager", dit-il.

"Au niveau estudiantin, je veux aller le plus loin possible. J'aurais tendance à dire que je vais continuer dans la natation mais je suis aussi intéressé par la politique et les sciences."

"UN TALENT FABULEUX"

Aujourd'hui détenteur de quatre titres de champion de France, il avait fait une entrée remarquée dans la cour des grands il y a quatre ans.

A l'heure où les combinaisons affolaient les chronomètres, il s'était présenté à la compétition en maillot, seul nageur ne pas céder aux chants des sirènes. Il avait dû faire face à une déferlante médiatique, liée à son choix plus qu'à ses performances encore modestes.

"J'étais parti pour faire mes championnats et mon petit chemin et tout cela m'est tombé sur la tête. Quand à 16 ans, on n'a jamais vu un journaliste... Je l'ai mal vécu sur le moment mais je n'ai aucun regret, car je trouvais ça dénué de sens de mettre une combi à 16 ans", se souvient-il.

Yannick Agnel fait l'unanimité tant par sa simplicité, ses qualités de nageur, son esprit curieux et sa culture qui lui permettent de mériter de voir son nom associé à l'expression "un esprit sain dans un corps sain".

Christian Donzé, le directeur technique national, ne tarit donc naturellement pas d'éloges sur l'athlète.

"C'est un talent fabuleux avec un encadrement de très grande qualité. Il a une détermination fabuleuse et derrière les mots, il y a les actes: il travaille", a dit le technicien à Reuters.

"Il aborde donc les Jeux avec une détermination à la hauteur de son talent."

Un talent qui devrait lui permettre de briller à Londres et de décrocher sa première médaille dans une compétition internationale majeure, lui qui avait terminé à la cinquième place du 200m nage libre, l'an passé, à Shanghai.

Edité par Jean-Paul Couret

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