JO: Usain Bolt reste l'homme le plus rapide du monde

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USAIN BOLT TRIOMPHE SUR LE 100 M À LONDRES
USAIN BOLT TRIOMPHE SUR LE 100 M À LONDRES

par Mike Collett-White et Kevin Liffey

LONDRES (Reuters) - En une ligne droite fulgurante, Usain Bolt a prouvé dimanche aux Jeux de Londres qu'il restait l'homme le plus rapide de la planète, conservant sa couronne olympique du 100 m et foudroyant ses rivaux comme ses détracteurs.

Le Jamaïcain a frappé en 9"63 devant un stade olympique électrisé, soit le deuxième meilleur temps de l'histoire sur la distance reine, à cinq centièmes seulement de son record du monde établi en 2009 (9"58).

Malgré un départ très moyen, séquelle de son faux départ éliminatoire aux Mondiaux de l'an dernier, le roi du sprint a éclipsé son compatriote Yohan Blake, médaillé d'argent, dont beaucoup estimaient qu'il serait son successeur - sinon son bourreau.

Et, en moins de dix secondes, la star de 25 ans a aussi relégué au second plan la performance de l'Ecossais Andy Murray, qui a détrôné dimanche après-midi le champion suisse Roger Federer dans son jardin de Wimbledon pour emporter l'or du simple messieurs en tennis.

Usain Bolt, pointant le doigt au ciel comme à l'accoutumée, a été acclamé par les 80.000 spectateurs avant d'embrasser la piste et d'effectuer un tour d'honneur à petites foulées, drapeau jamaïcain sur le dos.

"Certains d'entre vous ont douté de moi. Je devais montrer au monde que je suis le plus grand. Cela signifie que je fais un pas de plus vers la légende", a-t-il commenté.

"Je voulais tout simplement donner de la fierté à la Jamaïque. J'espère qu'ils se sont tous dressés pour chanter l'hymne national."

Yohan Blake, partenaire d'entraînement de Bolt, s'est montré beau joueur: "C'est l'homme le plus rapide du monde", a-t-il été obligé de reconnaître, savourant sa médaille d'argent conquise devant l'Américain Justin Gatlin, troisième.

MEKHISSI DÉBLOQUE LE COMPTEUR

Ce doublé or-argent fait figure de parfait cadeau d'anniversaire pour la Jamaïque, à la veille du 50e anniversaire de l'indépendance de l'ex-colonie britannique. D'autant qu'une autre athlète de l'île, la sprinteuse Shelly-Ann Fraser-Pryce, a lancé samedi les festivités en conservant également son titre olympique sur 100 m.

Reste maintenant à Bolt à réussir ce qu'aucun athlète n'a réalisé avant lui aux Jeux olympiques : reproduire le doublé 100 m-200 m à quatre ans d'intervalle.

Signe que le stade olympique de Stratford rappelle par moments le "Nid d'oiseau" de Pékin en dépit de leur architecture très différente, le Français Mahiédine Mekhissi a lui aussi réédité dimanche soir la même performance qu'en 2008.

Le Rémois s'est à nouveau paré d'argent, prouvant qu'il n'avait rien usurpé dans la discipline très relevée du 3.000 mètres steeple où s'est imposé le Kényan Ezekiel Kemboi. Mekhissi, 27 ans, offre au passage à l'athlétisme français sa première médaille dans ces JO.

"Je suis content d'avoir gagné cette médaille pour l'équipe de France et d'avoir débloqué le compteur de l'athlétisme", s'est-il félicité.

Les Tricolores, qui ont décroché dimanche une autre médaille d'argent grâce au pistard Bryan Coquard et une de bronze avec Jonathan Lobert en voile, sont néanmoins très loin de la razzia opérée ces dernières heures par les Britanniques.

MURRAY SE VENGE DE FEDERER

Au lendemain du jour le plus faste de la Grande-Bretagne aux Jeux olympiques depuis l'édition 1908, avec six médailles d'or, les locaux ont encore brillé avec deux nouveaux titres : Ben Ainslie en voile et surtout Andy Murray en tennis, qui a pris sa revanche sur Roger Federer sur le gazon de Wimbledon.

Quatre semaines après son amère défaite en finale du tournoi du Grand Chelem face au Suisse, l'Ecossais l'a cette fois privé du seul titre majeur qui manque encore à son palmarès en simple : l'or olympique.

"C'est la plus grande victoire de ma vie", a résumé le joueur de 25 ans, qui s'est imposé en trois petits sets (6-2 6-1 6-4).

Et peu importe si, plus tard, il n'a pas réussi à décrocher une deuxième médaille d'or lors de la finale du double mixte, s'inclinant en compagnie de Laura Robson face aux Biélorusses Max Mirnyi et Victoria Azarenka : son sacre en simple valait presque un titre du Grand Chelem pour celui qui n'a encore jamais gagné de tournoi majeur.

Enfin, question grand chelem, la Chine et l'Italie ont montré qu'elles s'y connaissaient.

Les Chinois ont réalisé un carton plein sur les épreuves de badminton avec cinq médailles d'or, soit la totalité des titres mis en jeu dans la capitale anglaise.

Les Italiens, eux, ont dominé les épreuves d'escrime, remportant notamment le fleuret par équipes hommes et femmes et signant même un podium 100% transalpin dans l'épreuve de fleuret individuel dames. L'Italie finit en tête du classement de médailles en escrime avec sept récompenses.

Quant à l'escrime française, elle est sortie des Jeux olympiques, dimanche, sans la moindre médaille pour la première fois depuis 1960.

Jean Décotte pour le service français, édité par Simon Carraud

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