JO: Usain Bolt fait taire les doutes et ses rivaux

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USAIN BOLT RESTE L'EMPEREUR DU 100 M
USAIN BOLT RESTE L'EMPEREUR DU 100 M

par Mitch Phillips

LONDRES (Reuters) - Usain Bolt a prouvé dimanche à Londres qu'il était toujours l'homme le plus rapide de la planète, au grand dam de tous ses poursuivants, en conservant sa couronne de champion olympique avec un sprint foudroyant couru en 9"63.

Il s'agit tout bonnement de la deuxième course la plus rapide de l'histoire, à cinq centièmes du record du monde établi par Usain Bolt lui-même en 2009 aux championnats du monde de Berlin.

Yohan Blake, qui semblait en mesure de contester la suprématie du triple champion olympique de Pékin, a montré ses limites puisqu'il n'a pris que la deuxième place, tout en égalant la meilleure performance de sa carrière, en 9"75.

Le jeune loup de 22 ans avait certes détrôné son aîné aux championnats du monde, l'année dernière à Daegu en Corée du Sud, mais il avait à l'époque profité d'un faux départ d'Usain Bolt, semble-t-il imbattable dès qu'il est suffisamment concentré.

Yohan Blake est allé saluer son compatriote dès la fin de la course.

L'Américain Justin Gatlin, champion olympique à Athènes il y a huit ans, a lui aussi réalisé son meilleur temps, en 9"79. Insuffisant pour espérer inquiéter Usain Bolt dans son jardin olympique.

Le troisième Jamaïcain de la finale, Asafa Powell, a fini la course à la traîne, en raison d'une gêne à la jambe.

Dès la fin de la course, les 80.000 spectateurs du stade olympique scandaient en choeur "Usain", le nouveau roi de Londres.

Le sprinteur jamaïcain peut désormais se tourner vers son nouveau défi, le 200 m, dont le coup d'envoi des séries sera donné mardi. En cas de victoire sur l'autre distance du sprint, il deviendrait le premier homme à faire deux fois le doublé 100 m - 200 m lors de deux Jeux consécutifs.

Sans compter que le coureur remettra également son titre en jeu sur 4x100 m.

LE SUCCESSEUR DE CARL LEWIS

Usain Bolt n'est que le deuxième sprinteur de l'histoire à conserver sa couronne olympique sur 100 m à quatre ans d'intervalle. Le nom de son prédécesseur n'a pas de quoi le faire rougir puisqu'il s'agit de Carl Lewis, sacré à Los Angeles en 1984 et à Séoul en 1988.

Et, à l'époque, l'Américain avait dû attendre la mise au ban de Ben Johnson, convaincu de dopage, pour hériter de la médaille d'or.

Pourtant, au départ de la course, on a pu croire pendant un instant que Yohan Blake était parti pour franchir la ligne en première position, comme il l'avait fait il y a un peu plus d'un mois lors des sélections nationales.

Mais Usain Bolt, tout en décontraction, sa marque de fabrique, a comblé son retard et a dépassé ses concurrents les uns après les autres, dont l'Américain Tyson Gay.

"J'ai été un peu inquiet au sujet de mon départ, je ne voulais pas refaire de faux départ. Donc je suis resté un peu assis dans les starting blocks, je pense pas que c'était la meilleure réaction à avoir", a-t-il commenté.

Mais, dans le fond, le sprinteur semblait n'avoir aucun doute sur l'issue finale.

"Quand je me suis présenté pour la première course, j'ai senti que je pouvais le faire", a-t-il dit à la BBC, au lendemain de son entrée en lice en séries.

Yohan Blake s'est montré beau joueur: "C'est l'homme le plus rapide du monde", a-t-il été obligé de reconnaître. "Mais j'ai décroché une médaille pour mes premiers Jeux olympiques et je dois cela en grande partie à Usain et à notre entraîneur."

Leur compatriote, Shelly-Ann Fraser-Pryce, avait elle aussi conservé son titre samedi sur la distance reine du sprint, soit, comme en 2008, un doublé 100% jamaïcain sur la distance reine chez les hommes et chez les femmes.

Simon Carraud pour le service français, édité par Jean Décotte

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