JO: une jeunesse dorée pour le judoka Teddy Riner

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TEDDY RINER VEUT L'OR À LONDRES
TEDDY RINER VEUT L'OR À LONDRES

par Chrystel Boulet-Euchin

PARIS (Reuters) - A 23 ans, Teddy Riner a tout gagné ou presque. Déjà cinq fois champion du monde, un record dans l'histoire du judo mondial, son Graal est désormais de remporter à Londres le titre olympique qui lui a échappé il y a quatre ans à Pékin, où il avait dû se contenter du bronze.

Depuis tout jeune, le judoka français a tout donné à son sport. Pour autant, il ne pense pas avoir sacrifié sa jeunesse, comme il l'a confié lors d'un entretien accordé à Reuters.

"Il y a plein de choses que je n'ai pas vécues mais j'ai aussi vécu plein d'autres choses que beaucoup de gens n'ont pas connues", explique le Guadeloupéen qui a remporté son premier titre mondial en 2007, à 18 ans, alors qu'il était encore junior.

Teddy Riner est impressionnant physiquement - 2,04m pour 138 kg - mais il l'est aussi en termes de maturité pour un jeune homme de son âge.

"J'ai été très tôt confronté à des adultes, c'est ce qui me donne cette maturité. A 14 ans, j'ai commencé à voyager. À 15 ans, j'avais quitté le cocon familial. Cela te fait grandir plus vite. Ce sont des sacrifices mais je ne regrette rien. Aujourd'hui, j'ai des potes de tous les âges", dit-il.

Fidèle à ses petites habitudes, il vit toujours dans le quartier où il a grandi, le 17e arrondissement de Paris. Et c'est d'ailleurs là qu'il a accordé ses entretiens préolympiques, dans un restaurant qu'il fréquente régulièrement.

"C'est ma cantine ici. Il y a mes amis, on rigole. C'est un quartier populaire où je peux me retrouver", précise-t-il alors que ses copains, attablés à côté, sont hilares et se voient qualifiés par le champion de "dramatiques".

Reste l'enjeu sportif qui l'attend dans moins de deux semaines à Londres, où il visera la plus haute marche du podium chez les plus de 100 kilos, un challenge qu'il est prêt à relever.

Mais si jamais l'or n'était pas au rendez-vous ? Comment le vivrait-il ?

"Cela peut arriver et quoi qu'il arrive, il faudra que je rebondisse. Je n'ai évidemment pas envie de perdre mais il faut juste se dire que c'est possible. J'imagine pouvoir perdre et si cela arrive, il faudra se demander pourquoi", dit le combattant qui fait figure d'indestructible dans sa catégorie.

"CHAQUE CHOSE EN SON TEMPS"

"Je suis le plus fort, oui, mais le jour J, est-ce que je serai le plus fort ? C'est la vraie question", ajoute-t-il, conscient des aléas de la haute compétition.

A Pékin, en 2008, le titre lui semblait promis. Mais une défaite prématurée en quart de finale contre l'Ouzbek Abdullo Tangriev le prive définitivement de l'or. Reste, via les repêchages, à aller chercher le bronze, ce qu'il fera sans difficulté.

A Londres, Teddy Riner sait donc qu'il ne faudra pas arriver "trop sûr de soi".

"De toute façon, mon pire ennemi, c'est moi. Il faut que je fasse attention à tous les paramètres. Le sport est aléatoire, il faut faire attention à tout", dit Riner, entré cette année à Sciences Po, pour avoir une tête aussi pleine qu'il a un corps bien fait.

Quel que soit son résultat aux Jeux, Teddy Riner sait que son jeune âge lui ouvre des perspectives incroyables et il n'imagine pas une seule seconde, raccrocher pour l'heure le kimono.

"Je n'envisage pas encore vraiment la suite de ma carrière mais quoi qu'il arrive à Londres, je continue le judo. Ce qui me fait courir ? Un sixième titre mondial", dit-il dans un éclat de rire.

Et deux titres olympiques, histoire de dépasser définitivement David Douillet.

"Deux titres olympiques? Chaque chose en son temps. Je n'y pense pas encore, attendons le premier."

Edité par Olivier Guillemain

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