JO: une crevaison, un coup de pompe et des Experts

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LES EXPERTS EN OR
LES EXPERTS EN OR

par Olivier Guillemain

LONDRES (Reuters) - La France rêvait de terminer ses Jeux de Londres en beauté avec le plus d'or possible, mais il n'y a que "les Experts" du handball qui ont rempli leur part du contrat, le pauvre Julien Absalon étant victime d'une crevaison et Amélie Cazé d'un vrai coup de pompe au pentathlon moderne.

Trente-quatre. Le compteur des Français restera donc bloqué à ce chiffre au tableau des médailles des JO 2012, soit sept de moins qu'à Pékin.

Mais que tous les supporters des Bleus se rassurent. Car si la quantité n'a pas été rendez-vous, les Français ont gagné en qualité en quatre ans.

Ils ont en effet glané onze médailles d'or, c'est à dire quatre de plus qu'en 2008, un résultat qui place la patrie de Pierre Coubertin en septième position de la hiérarchie mondiale, soit trois rangs de mieux qu'à l'issue de la moisson précédente en Chine.

Faut-il y voir un énième symbole du romantisme olympique? La onzième médaille d'or française est venue de grands champions que certains disaient moribonds en janvier, après un Euro raté, terminé à une décevante onzième place.

Ces hommes-là se font appeler "les Experts" et dimanche à Londres, à l'heure de défendre leur titre en finale face à la Suède, ceux-ci ont fait honneur à leur réputation.

Jamais bousculés par leurs adversaires en finale, les handballeurs français ont fait preuve d'un sang-froid clinique d'un bout à l'autre du match malgré le score finalement étriqué de la rencontré, conclue à 22-21.

Juste après avoir remporté une deuxième médaille d'or olympique consécutive, une première dans leur sport si l'on excepte l'URSS qui a gagné en 1992 sous un autre nom, les Bleus sont tombés dans les bras les uns des autres, comme des poussins après une première victoire.

"TOUT À PERDRE"

"La route a été compliquée. Il y a eu beaucoup d'obstacles mais on a été capable de les vaincre même si, par moment, on a un peu douté", a dit avec beaucoup de retenue leur entraîneur Claude Onesta à l'issue du match, pensant certainement, entre autres, à la défaite concédée en phase de poules contre l'Islande.

"Depuis les quarts de finale, on n'a rien lâché. On a montré qu'on était les patrons. Il y a eu beaucoup de maîtrise et d'intelligence. Cela a certainement été la finale la plus difficile de toutes car l'adversaire avait tout à gagner, nous, tout à perdre", a-t-il ajouté.

"Tout à perdre"... Julien Absalon pensait-il à ce risque lorsqu'il a pris la départ à la mi-journée de l'épreuve de cross-country de VTT, lui qui visait un troisième titre olympique consécutif?

Une crevaison a mis fin à son rêve dimanche à Hadleigh Farm, où Jaroslav Kulhavy a finalement franchi la ligne en premier.

Le Tchèque, champion du monde et vainqueur de la Coupe du monde en 2011, s'est un peu inspiré de la victoire de la jeune Française Julie Bresset dans l'épreuve féminine, la veille, pour imposer d'emblée un tempo d'enfer avec le Suisse Nino Schurter, qui a remporté la médaille d'argent.

Surpris par le rythme soutenu imprimé d'emblée à la course, Julien Absalon a chuté dans une descente et, au moment où il reprenait place dans le groupe de tête, a subi cette crevaison fatale dans le secteur piégeux de Rock Garden.

"Je me demande si je n'ai pas pris le départ avec une crevaison lente", a-t-il dit après avoir posé pied à terre sur le circuit d'Hadleigh Farm, à l'est de Londres.

"RENDEZ-VOUS À RIO"

"Les sensations commençaient à revenir. J'espérais me replacer, mais je n'en ai jamais eu l'occasion".

"Lorsque j'ai changé ma roue, j'avais vraiment beaucoup de retard. J'avais tout imaginé. Tout ce que je voulais c'était de terminer sans trop de regrets. Je vais en avoir toute ma vie. C'est frustrant, c'est notre sport", a-t-il ajouté.

Quelques heures après cette grosse déception dans le clan français, les derniers espoirs qui reposaient sur les épaules d'Amélie Cazé et d'Elodie Clouvel se sont eux-aussi envolés à jamais dans le ciel dans le ciel anglais.

Amélie Cazé a connu le destin le plus cruel puisque, avant l'ultime épreuve de course à pied et de tir combinés, la triple championne du monde pointait à la troisième place du classement général.

Au final, la licenciée du club de Noyon (Oise) a terminé 18e avec 5.108 points, soit 300 de moins que la médaillée d'or du jour, la Lituanienne Laura Asadauskaite.

"C'était une journée sans vie", a dit à la presse Amélie Cazé à l'issue de sa contre-performance, laissant de marbre ses interlocuteurs.

Pour Elodie Clouvel, la donne était différente. Tout au long de cette journée, l'ancienne nageuse et élève de Philippe Lucas n'a jamais vraiment été en mesure de disputer une quelconque récompense, si bien qu'elle a fini à la 31e place sur 36.

De son propre aveu, la pression de participer à ses premiers JO, "un rêve de gamine", lui a fait perdre beaucoup d'énergie.

"Mon esprit était un peu ailleurs", a-t-elle reconnu.

"Je me regardais un peu et ce qui se passait autour. Je n'étais pas actrice et c'est ce qui m'a manqué. Mais bon, j'ai beaucoup appris aujourd'hui et j'ai envie de dire: rendez-vous à Rio."

Tout est dit. Rendez-vous à Rio dans quatre ans.

Edité par Simon Carraud

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