JO: un jeudi de bronze et de déception pour les Français

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MARLÈNE HARNOIS EN BRONZE AU TAEKWONDO, UNE DES BONNES NOUVELLES FRANÇAISES DE JEUDI AUX JO
MARLÈNE HARNOIS EN BRONZE AU TAEKWONDO, UNE DES BONNES NOUVELLES FRANÇAISES DE JEUDI AUX JO

par Olivier Guillemain

LONDRES (Reuters) - Après deux journées à trépigner sans médaille, la France a retrouvé jeudi un coin de ciel bleu aux Jeux de Londres grâce au bronze de Marlène Harnois en taekwondo et à la qualification des basketteuses en finale, une légère éclaircie masquant mal les échecs de Christophe Lemaitre et des footballeuses.

Tout le monde attendait le bronze des protégées de Bruno Bini contre les Canadiennes, et dans une moindre mesure la même couleur de métal pour le sprinteur d'Aix-les Bains au stade olympique.

Mais les premières ont été battues sur le fil lors de leur match pour la troisième place par les Nord-Américaines à cause d'un but inscrit à la dernière minute (1-0). Et le second a complètement sombré en finale du 200 m, sixième à l'arrivée.

Du coup, pour mettre fin à la disette qui durait depuis plus près de 48 heures à Londres, la délégation française s'en est remise à une jeune athlète de 25 ans, qui il y a encore quatre ans était Canadienne.

Battue en demi-finale par la championne du monde en titre de la catégorie des moins de 57 kg, Marlène Harnois a en effet dominé la Japonaise Mayu Hamada sur le score de 12-8 pour s'offrir un podium olympique.

"Cette médaille, je tiens à la dédier à mon pays d'adoption. Ce combat, c'était le combat de ma vie. J'étais menée 3-0 et je me suis remise dedans. Je ne peux même pas vous raconter mon combat, je ne sais plus", a expliqué l'intéressée.

"Une fois menée, je me suis dit que je ne pouvais pas laisser échapper ça. La France est le pays que j'ai choisi, la France a cru en moi, a contribué à mon développement et je lui doit bien ça", a-t-elle ajouté.

"NOS YEUX POUR PLEURER"

Malgré la saveur de cette médaille, le camp français a vécu deux véritables désillusions jeudi.

La première s'est écrite à Coventry, à environ 150 km au nord de Londres.

Car à les voir jouer, si à l'aise techniquement et si dominatrices de la première jusqu'à cette satanée 92e minute, la médaille de bronze semblait promise aux protégés de Bruno Bini.

Mais un poteau, une barre transversale et un but tardif inscrit par la Canadienne Diana Matheson en ont décidé autrement.

"Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?", a d'ailleurs soupiré Bruno Bini à l'issue de la rencontre. "Voilà, c'est comme ça, maintenant il ne nous reste plus que nos yeux pour pleurer", a ajouté le sélectionneur des Bleus.

Plus lucide, Camille Abily a exprimé sa lassitude de finir toujours quatrième, un an après avoir terminé à la même place lors de la Coupe du monde disputée en Allemagne.

"Ça suffit maintenant le chocolat, si j'en veux je peux aller me l'acheter", a souligné avec une pointe d'humour la joueuse de l'Olympique Lyonnais.

La deuxième déconvenue a eu pour théâtre le stade olympique où Christophe Lemaitre était aligné aux côtés des meilleurs sprinteurs de la planète.

Sixième de la finale olympique en 20"19, loin de ses meilleurs temps sur la distance, le champion d'Europe est conscient d'avoir fait des choix qui ne se sont pas avérés judicieux.

Il sait aussi parfaitement qu'il a laissé passer sa chance bien avant cette soirée qui a une nouvelle fois consacré les Jamaïcain, le roi Usain Bolt étant flanqué sur le podium de ses compatriotes Yohan Blake et Warren Weir.

"JE N'AI PAS FAIT CE QU'IL FALLAIT"

"Bien sûr que c'est en demi-finale que je perds ce 200 m. J'ai mal géré cette course et, après, j'hérite du couloir numéro 2. J'ai fait ce que j'ai pu, mais dans la dernière ligne droite, j'ai vu partir les autres et je n'ai jamais pu remonter", a-t-il expliqué, le regard bas.

Cette demi-finale, dont il avait pris la 3e place en 20"03, avait déjà entamé le moral du Français.

Le handicap de courir dans ce couloir le plus près de la corde, le plus lent de tous, a ruiné en effet ses derniers espoirs.

"Je ne dirais pas que j'aurais fait une médaille, mais là, je n'ai pas pu faire ce que j'étais venu faire. Je n'ai pas fait ce qu'il fallait. C'est de ma faute, je ne peux m'en prendre qu'à moi-même."

Heureusement pour le moral des troupes françaises, deux autres satisfactions sont venues égayer la journée des "Frenchies" de Londres. Et pour les apprécier, il fallait soit aller faire un tour du côté du basket féminin, soit se rendre sur la piste de BMX.

Impressionnantes depuis le début du tournoi, les basketteuses françaises se sont en effet qualifiées pour la première finale olympique de leur histoire en battant la Russie (81-64).

L'autre rayon de soleil de la journée est venu d'un sport olympique depuis 2008 et qui avait rapporté deux médailles dans la besace tricolore à Pékin: le BMX.

Jeudi, deux Français ont assuré leur place en demi-finale, d'une manière différente. Le vice-champion du monde en titre Joris Daudet l'a fait après avoir chuté et Quentin Caleyron, en restant sur sa selle.

Edité par Jean Décotte

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