JO: un échec aux lourdes conséquences pour le kayakiste Daille

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ÉTIENNE DAILLE, UN ÉCHEC AUX LOURDES CONSÉQUENCES
ÉTIENNE DAILLE, UN ÉCHEC AUX LOURDES CONSÉQUENCES

par Olivier Guillemain

LONDRES (Reuters) - Etienne Daille a connu mercredi la dure loi des sports confidentiels: leader de la Coupe du monde de slalom en kayak monoplace (K1) avant la finale des JO de Londres, sa décevante septième place risque tout simplement de signer la fin de sa carrière.

Tout ça, à seulement 22 ans.

Tout ça, alors qu'il est pétri de talent à en croire ses entraîneurs.

Tout ça, faute de financements.

Mercredi, tout est allé un peu trop vite pour lui dans les rapides exigeants du bassin de Lee Valley, où l'Italien Daniele Molmenti a dominé la finale pour s'offrir l'or olympique, juste devant le Tchèque Vavrinec Hradilek -en argent- et l'Allemand Hannes Aigner, médaillé de bronze.

Peut-être un peu trop fougueux et certainement sous pression au lendemain du sacre incroyable de son aîné Tony Estanguet, Etienne Daille est parti à la faute dès la troisième porte, écopant d'une pénalité de deux secondes.

"J'étais là pour accrocher le podium, je ne voulais pas assurer une quatrième ou une cinquième place et c'est pour ça que dès le début de la finale, j'ai commis une erreur", a-t-il raconté à Reuters.

"J'ai touché la porte en remontée n°3. Avec cette touche, le podium était encore faisable mais il fallait que je prenne encore plus de risques. Ce que j'ai fait", a-t-il poursuivi.

"Mais à la porte n°18, j'ai tenté un passage beaucoup plus rapide que les autres concurrents et ce n'est pas passé. Je ne l'ai pas touché mais je suis arrivé très bas dans la porte d'après et là, j'ai perdu beaucoup de temps."

"C'EST CRUEL LES JO"

La sanction fut immédiate: septième temps, très loin derrière le héros italien du jour, Daniele Molmenti.

"C'est cruel les JO. Aujourd'hui, j'ai réalisé ma pire manche de la saison alors que je suis leader de la Coupe du monde de très loin. Mais bon, c'est comme ça, regardez, dans cette course, le n°1 mondial slovaque (Peter Kauzer, NDLR) et moi, qui suis derrière lui au classement, on est tous les deux passés à côté", a-t-il fait remarquer.

Le bilan de ses premiers Jeux olympiques?

"Pas terrible. Et je crois que je ne vais pas être capable de rester longtemps ici, dans cette atmosphère de déception", a-t-il répondu en toute franchise.

Car au-delà de la tristesse, Etienne Daille va devoir gérer une question beaucoup plus fondamentale.

"J'ai peur, je suis assez inquiet", a-t-il lâché de lui-même.

"Pour la suite de ma carrière, j'espère trouver des financements suffisants pour continuer. Mais cela risque d'être compliqué car je pratique un sport qui n'est pas trop connu et sous-médiatisé."

"Pour l'instant, je suis encore qu'étudiant et c'est mon club, la région et le département qui m'ont aidé jusqu'aux sélections pour les JO. Je n'ai aucun soutien financier d'ordre privé et ça, c'est un gros problème."

Juste après avoir prononcé ce dernier mot, le jeune homme a fondu en larmes.

Tout ça à cause de sa septième place aux JO. Tout ça, surtout, par crainte de voir son aventure de kayakiste s'arrêter là, noyée dans les larmes du bassin de Lee Valley.

Edité par Jean Décotte

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