JO: tous les cyclistes contre Mark Cavendish

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par Mario Andres

LONDRES (Reuters) - Mark Cavendish n'est pas un "mod" comme Bradley Wiggins mais il se présente pourtant au départ de la course en ligne des Jeux olympiques de Londres avec une énorme cible dans le dos.

En guise de tenue, le meilleur sprinter de la planète arborera le maillot arc-en-ciel de l'équipe britannique plutôt que son maillot de champion du monde ou l'une des tenues branchées du vainqueur du Tour de France, l'un de ses équipiers de luxe au sein de la Dream Team britannique.

Certains doutaient que les trois semaines du Tour soient la préparation idéale pour l'exigeant parcours de 250 km tracé dans les rues de Londres, et qui comprend notamment neuf ascensions de Box Hill, modeste bosse de plus en plus "casse-pattes" au fil des tours.

Mark Cavendish leur a apporté un démenti probant en remportant haut la main les deux derniers emballages de la Grande Boucle, à Brive-la-Gaillarde et aux Champs-Elysées.

"Je ne peux pas me présenter aux Jeux dans une meilleure forme et ces succès sont formidables pour ma confiance", a martelé le Britannique, délesté de trois kilos pour mieux aborder un tracé qui ne conviendra pas aux purs sprinters.

Le bolide de l'île de Man s'est imposé une pression considérable en annonçant clairement ses ambitions, d'autant que celui qui a été sacré meilleur sportif du Royaume-Uni en 2011 pourrait apporter au pays hôte sa première médaille d'or.

Mais comme le dit son co-équipier David Millar, qui sera le capitaine de route du Team GB, "Cav est l'homme des missions impossibles".

Vu de Londres, le retour de Millar le banni aux côtés de Wiggins, Cavendish, Chris Froome et Ian Stannard est l'autre événement de cette épreuve.

LES FRANÇAIS FONT PROFIL BAS

Exclu à vie par son comité olympique, l'Ecossais aborde du côté du Mall l'ultime étape de sa rédemption et une médaille d'or par procuration serait le bolduc sur une carrière aussi brillante que controversée.

"Notre mission sera de faire en sorte de placer Cav en situation de sprinter", explique simplement le vétéran de la formation britannique, vainqueur comme trois de ses équipiers d'une étape du Tour.

Tous les enjeux de cette épreuve seront là : l'équipe locale, à l'image du Team Sky sur le Tour de France, est la mieux armée pour imposer un scénario que toutes ses concurrentes vont tenter de contrarier.

Avec un quota maximal de cinq coureurs par nation, le contrôle de la course est malaisé, une évidence que ressentiront encore plus durement les Français.

Les Tricolores ont surtout fait parler d'eux avec la sélection rocambolesque du pistard Mickael Bourgain, appelé sur route pour pouvoir disputer le keirin sur piste : les responsables de la fédération ont ainsi démontré à quel point ils croyaient aux chances de leur équipe.

Pourtant, le champion du monde espoirs Arnaud Demare, épaulé par Tony Gallopin et Sylvain Chavanel, a des atouts à faire valoir s'il se présente aux avant-postes dans le final.

Mais il pourrait alors avoir à en découdre avec les clients habituels dans ce genre de situation, l'Allemand Andre Greipel, triple vainqueur d'étape sur le Tour et qui passe bien les bosses, l'Australien Matt Goss, vice-champion du monde ou, si la course s'avérait plus sélective, le Slovaque Peter Sagan - qui sera très isolé - ou le Norvégien Edvald Boasson-Hagen.

En l'absence du tenant du titre, l'Espagnol Samuel Sanchez, quelques puncheurs peuvent contrarier les plans des finisseurs, comme le Belge Philippe Gilbert ou Vincenzo Nibali, à la tête d'une forte équipe italienne.

Edité par Tangi Salaün

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