JO: Tony Estanguet voit triple, en attendant Yannick Agnel

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TONY ESTANGUET S'ADJUGE UN TRIPLÉ OLYMPIQUE HISTORIQUE
TONY ESTANGUET S'ADJUGE UN TRIPLÉ OLYMPIQUE HISTORIQUE

par Kevin Liffey

LONDRES (Reuters) - 'Trois' pourrait bien devenir le chiffre porte-bonheur de la colonie française aux Jeux olympiques de Londres, qui a assisté mardi au troisième sacre de Tony Estanguet, douze ans après sa première médaille d'or à Sydney.

Yannick Agnel n'avait pas plus de huit ans en 2000 mais il est en mesure d'égaler dans la soirée le total de médailles de son aîné dès sa première apparition aux JO, à condition de s'imposer avec ses collègues du 4x200 m nage libre.

Une nouvelle victoire, après ses couronnes en 4x100 mètres nage libre et en 200 mètres nage libre, ferait du jeune Niçois amateur de Montesquieu l'étoile française la plus scintillante de ces Jeux.

En attendant la finale à l'Aquatics Centre, prévue à 18h51 GMT, Tony Estanguet est remonté sur la plus haute marche du podium en canoë monoplace, lui qui avait échoué en demi-finale de l'épreuve il y a quatre ans à Pékin.

Cette troisième médaille lui ouvre en grand les portes du panthéon du sport olympique français: aucun sportif tricolore avant lui n'avait été sacré dans la même épreuve lors de trois Jeux olympiques différents.

Son rival de toujours, le Slovaque Michal Martikan, a dû se contenter du bronze, un métal qui sied mal au teint du Slovaque habitué à l'or depuis sa médaille à Pékin.

La plupart des adversaires des deux hommes ont une nouvelle fois été réduits au rang de figurants. Estanguet et Martikan ont fait main-basse sur toutes les médailles d'or depuis les Jeux d'Atlanta en 1996, date du premier titre du Slovaque.

Cette hégémonie a de quoi nourrir la frustration de leurs cadets. A 34 ans, Tony Estanguet n'a pas encore annoncé formellement qu'il prenait sa retraite, même s'il reconnaît que "la fin se rapproche".

LA CONSOLATION D'ÉMANE

Son succès porte à quatre le total des médailles d'or françaises depuis le début des Jeux. Un bilan qui laisse la France à la troisième place derrière la Chine - dix titres - et les Etats-Unis - six.

Trente minutes après Tony Estanguet, la judoka Gévrise Emane a offert une nouvelle médaille à la délégation tricolore, cette fois en bronze dans la catégorie des -63 kg.

La sociétaire du club de Levallois s'est inclinée en quart de finale face à la Mongole Munkhzaya Tsedevsuren, avant de s'accorder un lot de consolation face à la Sud-Coréenne Da-Woon Joung dans le match pour la médaille de bronze.

Certes, la Française quittera Londres avec un nouveau pendentif, mais le palmarès de la double championne du monde lui autorisait d'avoir de plus hautes ambitions.

Outre Yannick Agnel, qui courra aussi dans la soirée les demi-finales du 100 m nage libre, une autre Tricolore tentera de faire résonner une nouvelle fois la Marseillaise dans l'Aquatics Centre de Londres: la Niçoise Camille Muffat, déjà titrée sur 400 m nage libre et qui s'aligne cette fois sur 200 m.

Pour l'Américain Michael Phelps, l'or a commencé à se ternir, puisque le nageur de Baltimore, qui avait fait un razzia à Pékin en 2008 avec huit titres, n'a toujours pas gagné la moindre finale depuis son arrivée à Londres.

S'il devait s'imposer en 200 m papillon, il deviendrait le premier nageur à s'imposer sur la même distance lors de trois Jeux différents.

Les records de natation, décidément, aiguisent les ambitions, mais aussi les soupçons.

L'ÈRE DU SOUPÇON

La performance étourdissante de la Chinoise Ye Shiwen, couronnée samedi sur 400 mètres quatre nages avec un record du monde à la clé, a alimenté la défiance.

L'adolescente a bouclé les 50 derniers mètres avec un meilleur temps que le vainqueur de la course des hommes, l'Américain Ryan Lochte.

L'Américain John Leonard, directeur exécutif de l'Association internationale des entraîneurs de natation, a ravivé l'ère du soupçon dans un entretien au journal anglais The Guardian.

"Je me bornerai à dire que l'histoire de notre sport montré que, à chaque fois que nous assistons (...) à une performance 'incroyable', la suite des événements a révélé que le dopage n'y était pas étranger."

Officiels et anciennes gloires de la discipline se sont relayés pour prendre la défense de l'adolescente.

Mark Adams, le porte-parole du Comité olympique international (CIO), a affirmé qu'elle avait passé avec succès les examens antidopages.

Sur un tout autre plan, la véliplanchiste Carolina Borges a elle aussi suscité l'effarement à Londres. La Portugaise a envoyé un courrier électronique inopiné à sa délégation pour l'informer qu'elle ne prendrait pas part à la compétition.

Elle s'est aussitôt vu retirer son accréditation.

Simon Carraud pour le service français, édité par Jean Décotte

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