JO: Sylvain Chavanel, le troisième homme

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SYLVAIN CHAVANEL, LE TROISIÈME HOMME AUX JO ?
SYLVAIN CHAVANEL, LE TROISIÈME HOMME AUX JO ?

par Mario Andres

PARIS (Reuters) - Sans faire injure à ses coéquipiers, Sylvain Chavanel était sans doute le seul coureur sélectionné pour les Jeux olympiques de Londres à propos duquel Laurent Jalabert n'avait aucune hésitation.

Contraint d'appeler à contrecoeur le pistard Mickaël Bourgain sur injonction fédérale, le capitaine de l'équipe de France de cyclisme sur route était conscient que ses chances de médaille se réduisaient d'autant.

Aux côtés du sprinter surdoué Arnaud Démare et du passe-partout Tony Gallopin, Sylvain Chavanel est la seule véritable assurance tous risques française, aussi bien dans la course en ligne du premier samedi que dans le contre-la-montre du 1er août.

"Je suis ravi qu'il ait dit oui, parce qu'il a de véritables chances de médaille", assure Laurent Jalabert, visiblement désireux d'adresser un pied de nez aux considérations stratégiques qui ont affaibli son équipe.

Ces contingences ont-elles achevé de convaincre le quadruple champion de France du chrono ? Peut-être, en tout cas le puncheur de l'équipe belge Omega Pharma-Quick Step, d'abord réticent, a accepté de venir sauver la patrie en danger sur le terrain des Mark Cavendish et autres Bradley Wiggins.

"Je suis une des valeurs sûres du cyclisme français, donc c'est la logique", avait-il estimé en découvrant la sélection au début du Tour de France.

C'est d'autant plus dans la logique que le Français, s'il n'a pas ajouté une quatrième victoire d'étape à son palmarès sur la Grande Boucle, a brillé dans les deux premiers efforts solitaires de l'édition, prenant la troisième place du prologue de Liège et la cinquième du chrono de Besançon, toujours derrière les deux orfèvres en la matière, le champion olympique Fabian Cancellara et Bradley Wiggins.

MACHINES À ROULER

Le podium semble promis à ces deux machines à rouler, mais Sylvain Chavanel pourrait très bien être le troisième homme, d'autant que l'Allemand Tony Martin, champion du monde en titre, se ressent peut-être encore de sa fracture du poignet dans le Tour de France.

"Oui, bien sûr ça me motive! Dernièrement, j'ai prouvé que j'étais un des meilleurs au niveau mondial dans les contre-la-montre donc doubler, forcément, ce n'est pas une surprise.

"Je pense que Laurent (Jalabert) me voulait vraiment. Je suis un des rares à briller au niveau mondial dans le contre-la-montre et sur la route. Il y a un parcours pour moi", a expliqué le coureur de Châtellerault.

Le parcours sur route, en effet, semble convenir aux coureurs de son style, durs au mal, incisifs et offensifs.

Les neuf passages sur Box Hill, collinette usante par effet de répétition, pourraient en effet émousser les purs sprinters, même si Mark Cavendish a perdu du poids précisément pour aborder au mieux ce parcours plus exigeant que prévu.

Le règlement olympique, qui ne permet d'aligner que cinq coureurs au maximum par nation, rend l'issue de la course encore plus indécise, puisque d'autres routiers taillés sur mesure pour ce tracé, comme le Slovaque Peter Sagan, seront isolés.

S'il sera difficile de lutter contre les grosses cylindrées que seront la Grande-Bretagne, l'Italie et l'Espagne, Chavanel peut se placer et ajouter une médaille à un palmarès vierge aussi bien aux championnats du monde (10e en 2008) qu'aux Jeux olympiques, malgré une participation à Athènes en 2004, où il avait abandonné.

La dernière inconnue et non des moindres concerne l'état de forme du Français, contraint à l'abandon, malade, dans la 15e étape du Tour de France.

Edité par Olivier Guillemain

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